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Programme

22 mai 2015 14:00 - 18:00

Spatialiser l’Europe médiane

Séminaire du GDR Connaissance de l’Europe médiane (GDR CNRS 8607).

 

 

« Spatialiser l’Europe médiane » tel est le thème de ce séminaire qui souhaite explorer les mises en espaces de l’Europe médiane aussi bien dans l’action de mettre en espaces l’Europe médiane (quels acteurs ? Quels experts ? Quelles pratiques ?) que dans la réflexion plus critique et épistémologique de la définition de cette Europe médiane, voire des Europe(s) médianes (Comment et pourquoi spatialiser ? Quelles sont les logiques à l’œuvre ? Quels critères de spatialisation ?). Une question portera sur le dépassement ou non du clivage entre Est et Ouest de l’Europe dans les nouvelles approches de l’Europe médiane. 

La confrontation interdisciplinaire des modalités de mettre en espaces l’Europe médiane pourra s’appuyer sur la distinction suivante*, que le séminaire pourra bien évidemment discuter, entre  

des découpages d’avoir correspondant aux territoires des identités, aux espaces imaginaires ; 

des découpages de pouvoir renvoyant aux découpages administratifs, politiques et économiques ainsi qu’à leurs multiples logiques de gestion ou d’action ; 

des découpages de savoir se référant aux mises en espaces produites à des fins de connaissances scientifiques ou de construction d’informations.

Dans cette Europe médiane parcourue de discontinuités spatiales et temporelles, politiques, spatiales ou économiques, s’interroger sur les modalités de mises en espaces fait référence à une pluralité d’espaces placés en-deçà ou au-delà de l’échelon de référence classique qu’est l’État et dont les limites seront mises en question. 

 

*Distinction proposée par C. Terrier, « les découpages territoriaux : problèmes épistémologiques et méthodologiques » in Rey V. et Saint-Julien T. (dir), Territoires d’Europe : la différence en partage, Lyon, ENS éditions, 2005, p. 125-137.

 

Programme : 

14h00 : Ouverture du séminaire par Emmanuelle Boulineau, Géographe, UMR EVS, ENS de Lyon et Antoine Marès, historien, UMR IRICE, Université Paris 1. 

 

14h10-14h40 : Assen Slim, économiste, INALCO, CEMI-EHESS

L’intégration économique européenne : convergence des nations, divergence des régions

Résumé : L’intégration économique est un concept assez large et transversal qui peut impliquer la réunion d’entités à l’intérieur d’un ensemble, mais aussi l’augmentation de la cohérence de cet ensemble. Il existe plusieurs approches de l’intégration et de ses effets supposés ce qui rend son appréhension difficile.

Étudiée à partir des années 1950, l’intégration est d’abord perçue comme l’« unification » des marchés. La théorie des « unions douanières », qui tire son nom du titre de l’ouvrage publié par J. Viner, propose une interprétation de l’intégration comme un pas vers le libre-échange. L’analyse s’intéresse alors aux effets commerciaux générés et cherche à montrer que la formation d’une union des marchés est bénéfique car elle améliore le « bien-être » de ses membres. Avec le modèle de croissance proposé par R. M. Solow, l’union des marchés devient le mécanisme par lequel la convergence économique « absolue » de ses membres se réalise.

À partir de 1958, sous l’impulsion de G. Myrdal, un autre contenu de l’intégration est proposé. D’après l’auteur, le monde serait « désintégré » non pas en raison de l’existence de droits de douane mais en raison d’écarts de développement persistants entre les pays. L’intégration est alors pensée comme une réduction de ces écarts impliquant une cohésion sociale plus forte, une redistribution des richesses plus équitable et une « réelle égalité des chances » entre les individus. L’union des marchés apparaît insuffisante, voire contraire à ce projet. G. Myrdal et les auteurs structuralistes sont les premiers à voir dans la solidarité entre les nations le mécanisme adéquat pour l’intégration. L’aide publique internationale, définie comme l’activité par laquelle certains pays transfèrent des ressources vers d’autres, devient dès lors un objet d’étude central.

Notre intervention se propose de décrire les deux mécanismes à l’œuvre lors de l’intégration des PECO à l’UE (le marché et l’assistance économique), d’en montrer les limites et d’esquisser ce qui pourrait être une véritable aide d’intégration au sein de l’Union européenne. 

 

15h00- 15h30 : Béatrice von Hirschhausen, géographe, CNRS, UMR Géographie-cités :

Des régions historiques aux frontières fantômes : comment penser les géographies de l'Europe médiane dans la durée?

Cette communication propose de revenir dans un premier temps sur les débats qui ont animé en Allemagne le champ des études centre-est et sud-est européennes au tournant des années 1990 et 2000 sur la définition des régions historiques. La fin de la Guerre froide puis la mise en cause de découpages régionaux qui avaient fondé ce champ, par des approches constructivistes inspirées des études postcoloniales, ont en effet suscité une dispute théorique que j'essaierai de restituer. Je présenterai ensuite le nouveau concept de "frontière fantôme" qui tente de sortir des impasses de ce débat en proposant une nouvelle manière de penser les espaces et les acteurs dans la longue durée.

 

15h50 -16h : pause 

 

16h00-16h30 : Roman Krakovský, historien, post-doc, Labex Tepsis

L’espace comme construction sociale dans les démocraties populaires

L’espace peut être appréhendé comme une réalité matérielle qui existe indépendamment de la volonté humaine. En ce sens, il s’impose à l’homme qui, sans pouvoir le modifier, cherche au moins à le circonscrire (l’histoire de l’invention du mètre est un exemple de cette démarche) ou à le dominer (à travers les conquêtes territoriales par ex.). Mais l’espace peut être également approché comme une construction sociale, produit des actions individuelles et collectives. Sa conception et son vécu partagés par les membres d’une communauté contribuent à créer des institutions sociales et permettent aux membres de cette communauté de communiquer entre eux dans le même langage. Si on applique cette définition de l’espace aux démocraties populaires de l’après 1945, que peut-on en apprendre sur l’organisation de ces sociétés, sur leur fonctionnement et sur les relations qui lient les individus entre eux ? Pour répondre à ces questions, la contribution proposera quelques pistes de réflexion à partir du cas tchécoslovaque.  

 

 

16h50- 17h20 : Jacques Rupnik, politiste, CNRS, CERI

Le groupe de Visegrad, nouvelle incarnation politique de l’Europe centrale ? 

Le Groupe de Visegrad , initié par Vaclav Havel au lendemain de la dislocation du bloc soviétique, est le seul ensemble régional (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) à avoir traversé la période de transition post-89 et l'intégration dans l'UE. Il est cependant aujourd'hui diminué suscitant des interrogations sur sa pertinence : différentes définitions de l'Europe centrale, dynamiques politiques internes contrastées des pays-membres, réponses divergentes aux crises (économique, Ukraine, etc). 

 

Fin du séminaire à 18h00. 

 

Institut d’études slaves

9, rue Michelet

75006 Paris

institut.etudes.slaves@wanadoo.fr

01 43 26 79 18

http://institut-etudes-slaves.fr

Lieu:

Institut d’études slaves

Date :

22 mai 2015 14:00 - 18:00

Organisateur:

Le Centre tchèque est coorganisateur de l'événement


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