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Programme

6 déc. 2012 19:30

Soirée cinéma underground

Dans le cadre du 14e Festival des cinémas différents et expérimentaux de Paris.

 

 

 

Présentation d’un choix de films expérimentaux tchèques récents par Martin Čihák, réalisateur et professeur à l’Académie de cinéma de Prague FAMU, suivi d’un programme musical au cours duquel le compositeur Kryštof Mařatka accompagnera un film ancien en 16 mm.

 

www.cjcinema.org

 

Salle Janáček

Entrée libre

 

L’AVANTGARDE CINEMATOGRAPHIQUE TCHEQUE

(ANNEES 1930 - 1990)

 

L’histoire de l’avant-garde cinématographique tchèque, ou du cinéma expérimental, se démarque par deux spécificités. D’une part, une évolution discontinue, due notamment aux changements sociaux et historiques qui eurent lieu en Europe centrale au cours du 20e siècle, de l’autre, un certain retard par rapport aux mouvements analogues en Europe ou outre-mer. Nous pouvons déterminer trois îlots isolés, ou trois étapes, dans l’évolution de l’avant-garde tchèque : les années 1930, les années 1970-1980 et enfin les années 1990.

Il n’est de fait pas possible de faire découler l’importance de l’avant-garde tchèque par une simple comparaison avec l’évolution dans d’autres pays et de rester fixé sur l’aspect superficiel de la « nouveauté » : notre principal critère doit être la manière dont le cinéma tchèque indépendant a su s’exprimer au sujet d’une situation cinématographique et sociale donnée.

Dans notre aperçu, nous suivrons notamment sur la lignée de films qui virent le jour par un besoin personnel de s’exprimer ou par le désir d’une recherche de moyens d’expressions cinématographiques originales.

Nous nous concentrerons exclusivement sur des films créés sur matériau cinématographique et projeté à partir de celui-ci (ainsi, le vidéoart ou les « nouveaux médias » resterons en dehors de notre intérêt). Etant donné que certaines des copies originales sont endommagées ou difficilement accessibles, nous sommes hélas obligés d’avoir recours pour cet aperçu à des versions digitalisées des films, ce qui nous privera évidemment du plaisir de l’acte-même d’une projection à partir du matériau d’origine.

 

Une promenade sans but [Bezúčelná procházka] (Alexander Hackenschmied. 1930, 8 min)

Historiquement, le premier film d’avant-garde de Bohème. Le mouvement, considéré dans la plupart des films comme soumis à un but précis, est ici mis à nu dans sa vanité afin de permettre au spectateur de se concentrer sur le thème principal du film, qui constitue une réflexion sur l’essence de la visualisation cinématographique. La répétition du motif des reflets sur une surface d’eau ou le dédoublement du personnage central nous confrontent à la question fondamentale du caractère de l’espace et de l’image cinématographiques. Hackenschmied a par la suite développé ces motifs dans le film Meshes of the Aftenoon (1943), tourné avec son épouse Maya Deren, œuvre fondatrice de l’avant-garde cinématographique américaine.

            

La Lumière perce les ténèbres [Světlo proniká tmou] (Otakar Vávra & František Pilát, 1930, 4 min)

Ce film est non seulement une célébration de l’éclairage électrique comme expression du modernisme, mais nous y trouvons également des inspirations du courant français du « cinéma pur » des années 1920. A la base du film se trouve une sculpture cinétique de Zdeněk Pešánek, un des premiers créateurs à utiliser dans son œuvre des métariaux modernes comme par exemple des tubes de néon, du plastique etc.

 

L’Œil magique [Divotvorné oko] (Jiří Lehovec, 1939, 9 min)

L’Œil magique est un dialogue entre l’œil humain et l’œil de la caméra cinématographique. A l’aide du macro-objectif de la caméra, et sur la base d’une journée ordinaire, il dévoile des formes et des mouvements cachées, impeerceptibles à l’œil nu.

 

Les Bulles de savon vivantes [Hra bublinek] (Irena & Karel Dodal, 1936, 2 min)

Cette publicité pour le savon à la thérébenthine Saponia est un des rares exemples de « film absolu » dans le contexte tchèque. Il fut inspiré par les films de la même veine du créateur allemand Oskar Fischinger qui travaillait lui aussi avec des couleurs expressives et rechercha une orchestration visuelles d’éléments géométriques et de leurs relations.

 

Structures informelles [Informelní struktury] (Petr Skala, 1969, 5 min)

A la fin des années 1960, Petr Skala se mit à utiliser la technique du hand-made film, c’est-à-dire d’une application directes des couleurs sur la pellicule, sans rien savoir à l’époque des œuvres de Lena Lye, Harry Smith ou Stan Brakhage. Il conçut son travail cinématographique non seulement comme une forme d’expression d’auteur, le vecteur d’un geste plastique spontanné, mais avant tout aussi comme la voie vers la transformation intérieure, alchymique, de son propre être.

 

Catharsis [Katarze] (Miroslav Janek, 1977, 13 min)

Le film Catharsis est un exemple typique de la création amateure du cinéma des années 1970. La structure en a le caractère d’une sorte de transe ou de rêve, où se développent tous les états existentiels typiques pour l’époque de la « normalisation » : sensations d’esseulement et de menace omniprésente, et tentative de sauvegarder sa propre intégrité.

 

L’Educateur de peur [Vychovatel ke strachu] (Pavel Marek & Roman Včelák, 1989, 15 min, sous-titres anglais)

Le principal moyen d’expression auquel les auteurs de ce film ont recours est l’animation d’objet inanimés, éventuellement la pixilation, c’est-à-dire l’animation d’acteurs comme s’il étaient des marionnettes inanimées. L’Educateur de peur laisse clairement transparaître, formellement et sémantiquement, une affinité avec l’œuvre de Jan Švankmajer. Le film comporte non seulement la sensation de peur de l’époque, son atmosphère rend parfaitement toute l’absurdité de la période du socialisme décrépissant de la fin des années 1980.

 

Neo–B  (Martin Blažíček, 1997, 5 min)

Neo-B a vu le jour sans l’usage d’une caméra, par le biais d’une application directe et souvent gestique de couleurs sur un rouleau de pellicule vierge. l’auteur travaille ici avec plusieurs couches de couleurs et avec leur détérioration à l’aide de produits chimiques et d’interventions manuelles (grattements, incisions etc.). Il s’agit d’un des premiers films hand-made des années 1990 en Bohème. Martin Blažíček l’a créé sans connaître encore les travaux similaires de Petr Skala du tournant des années 1930-1970.

 

Test (Martin Blažíček, 1997, 2 min)

Test est un exemple de film que nous pourrions caractériser comme un collage cinématographique de matériaux. L’auteur y a utilisé d’une part divers matériaux trouvés (found-footage) et de l’autre, il a inclus dans l’image les parties d’ordinaire dissimulées au regard du spectateur : la perforation de la pellicule, les numéros des bandes-amorce, les textes et numéros en marge de la pellicule, les cadres des différentes images etc. L’objectif du film est de saisir le matériel cinématographique dans sa forme la plus élémentaire et de dévoiler la projection cinématographique comme un processus anti-illusoire.

 

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projection 16 mm avec accompagnement musical live par Kryštof Mařatka :

 

Adam Kadmon (Martin Čihák & Jan Daňhel, 1993, 27 min)

Un film sur la polarité du paysage corporel et de la mise en place d’un forme essentielle par l’intermédiaire de la lumière et la matière cinématographique.

 

 

                 

Lieu:

18 rue Bonaparte
75006 Paris
France

Date :

6 déc. 2012 19:30

Organisateur:

Centre tchèque


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