Česká centra, Czech Centres

Česká centra / Czech centres - logo

Programme

3 nov. 2015 18:30

Le regard des protestants français des 19e et 20e siècles sur Jan Hus et les Tchèques

Conférence de Patrick Cabanel, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Toulouse, organisée par l'Amitié Franco-Tchéco-Slovaque.

 

 

Les protestants français des 19e et 20e siècle, ou huguenots, nourris d’une mémoire et d’une identité de minorité jadis persécutée, vibrent sous le coup d’affinités avec d’autres minorités du passé ou du présent: vaudois, hussites, Arméniens ou juifs. Ces affinités ne sont pas seulement des sentiments ou représentations, y compris romanesques, à travers l’œuvre d’une George Sand : elles peuvent conduire à des actions concrètes qui ont pesé sur le cours de l’histoire. C’est ainsi qu’un protestant nîmois, Ernest Denis, est devenu le grand historien national des Tchèques dans la seconde moitié du XIXe siècle et les premières années du XXe; c’est ainsi que les protestants français n’ont pas réagi de la même manière que leurs compatriotes au drame de Munich, et que leur tchécophilie a conduit à la mise en place, au cœur des années 1940, de l’Aumônerie des protestants étrangers, dirigée par le pasteur Pierre-Charles Toureille (un autre Nîmois), dont la thèse de théologie avait porté sur Jan Hus ou les débuts de la crise religieuse actuelle de la Tchécoslovaquie (1924).

 

Ancien élève de l’École normale supérieure, Patrick Cabanel lui rend ce qu’elle lui a donné en participant aux travaux du jury du concours d’entrée. Il a été membre de l’Institut universitaire de France (2000-2005). Il est professeur invité dans le Master Interkulturelle Studien de l’Université de Fribourg-en-Brisgau. En 2014, il a été invité pour deux mois par la Maison de l’histoire de l’Université de Genève.

Il a consacré son mémoire d’habilitation universitaire aux rapports entre le protestantisme, la République et la laïcité dans les années 1860-1910 (Le Dieu de la République. Aux sources protestantes de la laïcité, PUR, 2003). Il a continué à tra-vailler sur l’histoire du catholicisme, en publiant notamment les actes d’un colloque organisé à Lyon avec Jean-Dominique Durand (Le grand exil des congrégations religieuses françaises, 1901-1914, Cerf, 2005) et un volume de lettres tirées des archives de ces congrégations (Lettres d’exil 1901-1909. Les congrégations françaises dans le monde après les lois laïques de 1901 et 1904, Brepols, 2008). Ses travaux se sont par la suite développés dans trois directions principales.

Historien des pratiques et des cultures scolaires, il a consacré des ouvrages au certificat d’études et aux manuels de lecture bâtis sur le modèle du Tour de la France par deux enfants : son enquête a englobé notamment l’Italie (Cuore et les manuels de Collodi), l’Espagne, la Suisse, la Suède (Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède). Il a édité également les actes d’un colloque sur les écoles françaises en Méditerranée dans la première moitié du XXe siècle (Une France en Méditerranée. École, langue et culture françaises, XIXe-XXe, Créaphis, 2006).

Un deuxième pan de ses travaux a porté sur la construction, les valeurs et les pratiques de la République laïque, à laquelle il a consacré, outre Le Dieu de la République, Entre religions et laïcité. La voie française, des lexiques (Les mots de la religion, Les mots de la laïcité, 1905. La séparation des Églises et de l’État), une anthologie de textes de Félix Pécaut, un proche de Jules Ferry (Quinze ans d’éducation).

Il est surtout un historien des minorités religieuses (protestants et juifs) dans la France moderne et contemporaine. Il a publié deux synthèses, l’une d’histoire politique (Les protestants et la République, de 1870 à nos jours, Complexe, 2000), l’autre s’efforçant de proposer une pesée globale du destin des protestants dans l’histoire nationale, de la Réformation à nos jours, Histoire des protestants en France (XVIe-XXIe siècle), Fayard, 2012, 1 502 p.

Il co-dirige avec André Encrevé un Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours qui comptera 4 tomes (environ 5 000 notices) ; le premier tome, lettres A à C, est paru en janvier 2015. Après avoir coédité les actes du colloque Un modèle d’intégration. Juifs et israélites en France et en Europe, il a publié plusieurs enquêtes sur le sauvetage des juifs dans la France des années 1940, dont une Histoire des Justes en France (Armand Colin, 2012) et a également interrogé la notion de « résistance spirituelle » (Résister. Voix protestantes, Alcide, 2012). En 2004, il avait consacré un ouvrage aux « affinités électives » entre les minorités huguenote et juive, du XVIe siècle à nos jours.

Conservateur du Musée du protestantisme de Ferrières (Tarn), il est aussi membre du comité de la Société de l’histoire du protestantisme français, des comités scientifiques du Parc national des Cévennes et du Lieu de mémoire du Chambon-sur-Lignon, de la commission d’histoire de l’antisémitisme et de la Shoah (Fondation pour la mémoire de la Shoah), président du Club cévenol.

 

Faculté de théologie protestante

Amphithéâtre

83, boulevard Arago

75014 Paris

 

Cette conférence prolonge la journée d’étude Jan Hus hérétique ou martyr ? prise en charge tant sur le plan matériel que sur le plan scientifique par la Faculté de théologie protestante de Paris et dont voici le programme : matinée (10h-12h30), entrée libre. Martin Wernisch, professeur d’histoire ecclésiastique, Faculté de théologie évangélique, Université Charles, Prague ; Lothar Vogel, professeur d’histoire du christianisme, Faculté vaudoise de théologie, Rome Après-midi : travail en groupe, réservé aux étudiants de la Faculté.

Lieu:

Faculté de théologie protestante

Date :

3 nov. 2015 18:30

Organisateur:

Le Centre tchèque est coorganisateur de l'événement


Me rappeler l'événement
Impossible de faire de rappel pour cet événement car il a déjà commencé