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Programme

29 avr. 2014 - 6 juin 2014

Peter Sís - Le Pilote et le Petit Prince

Exposition de dessins et de croquis préparatoires du livre éponyme sortant cette année aux éditions Grasset pour commémorer le 70e anniversaire du décès d’Antoine de Saint-Exupéry.

 

 

Vernissage le mardi 29 avril 2014 à partir de 19h.

 

Art du détail, simplicité et raffinement sont la marque de Peter Sís, auteur-illustrateur internationalement connu qui fascine les enfants comme les adultes. Son graphisme très personnel nous plonge dans un univers tour à tour somptueux, mystérieux, inquiétant, luxuriant…

 

Mon père m’a offert Le Petit Prince à l’âge de douze ans. C’est-à-dire : quand j’avais 12 ans, moi, pas lui. Prague était alors recouverte de ténèbres, et de ce livre – alors sans illustrations – émanait une beauté pleine de mystère. Ce fut pour moi une de ces expériences qui vous marquent pour la vie. Un récit si tendre, si poétique et plein de délices et de douleur. Traitant d’un voyage humain. Déjà, le seul nom d’Antoine de Saint-Exupéry évoquait le mystère et la poésie…

Vingt ans plus tard – car tout chez moi a lieu dans des cycles de vingt ans, comme dans la roue de la vie tibétaine – Le Petit prince me donna courage lorsque je me retrouvai, au début des années 1980, hésitant entre la volonté d’achever un film aux Etats-Unis ou d’obéir à l’ordre reçu du gouvernement praguois et de retourner au pays.

Vingt autres années plus tard, j’ai lu le livre à mes propres enfants et je fus ému par la tristesse de la vie… Et l’envie me prit de m’incliner devant son auteur.

Au début, lorsque je me mis à esquisser les premiers dessins sur sa vie, c’était comme de m’élever et de chuter, de m’élever à nouveau et de rechuter. Je me reprenais à chaque fois, et je m’enrayais à nouveau.

Un jour, alors que nous nous promenions avec mon père à New York City un jour humide d’été, il me dit qu’à New York, Saint-Exupéry s’était senti abandonné parce qu’il parlait mal anglais et qu’il ne se sentait pas appartenir. Je connais bien ce sentiment. Et qu’il avait habité à Central Park South, à la même altitude que Miloš Forman, qui m’a aidé et que j’aime.

Un autre homme que j’aime, Michael Wellner Pospíšil, lui, siège rue Bonaparte, juste à côté de l’Académie des Beaux-Arts, que Saint-Exupéry a fréquentée… De sorte que tout se trouve à présent relié. Car Michael me connaît autant que Miloš, et qu’il a connu mon père. S’il a connu Saint-Exupéry… j’ai des doutes.

Lorsqu’Arcimboldo peignit l’empereur Rodolphe II sous les traits de Vertumne, entièrement composé de fruits et de légumes, il avait peur que l’empereur ne se fâche et préféra envoyer son tableau à Prague de Milan. Pris de crainte face à la réaction du public français, je suis moi aussi absent de mon vernissage… Avec quelque soulagement, j’ajoute que Rodolphe fut enthousiasmé par son portrait légumier.

Ce même jour, à New York, mon père me dit aussi : « Il faisait trop chaud pour St. Ex à Manhattan – c’est pourquoi il découvrit un nom de lieu qui évoquait la brise – Northport Long Island – grimpa dans un train, dénicha une maison – et y écrivit Le Petit Prince. Ce fut là une révélation particulière sur New York – la ville dont j’ai fait mon chez-moi. Nous nous rendîmes nous aussi à Long Island – à Northport, dans la péninsule d’Asharoken, et y passâmes une nuit à la belle étoile.

Souvent, nous ne réfléchissons pas assez à la manière dont naissent les récits qui guident nos vies – nous nous satisfaisons d’être reconnaissants de leur simple existence. Ce fut alors comme si nous étions en compagnie d’Antoine de Saint-Exupéry lui-même, en-dessous des étoiles.

Monsieur de Saint-Exupéry, êtes-vous là ? Là-haut ? Etes-vous un saint ? St-Ex ? Antoine ? Tonio ? Vous êtes tous ces personnages-là ? Etes-vous sur une planète avec le Petit Prince ? A-t-il jamais découvert le secret au cœur de votre vieille maison ? Est-ce que cela vous dérangerait si j’assemblais, pièce par pièce, les événements de votre vie pour raconter une histoire ? Une histoire d’avions, de courage, d’audace, de recherche et de peine ? Sur vos triomphes, sur votre douleur ? Sur le désert, la nuit ? La rose, au matin ? Les océans, les montagnes, les jungles et les volcans ? Les cockpits ouverts et les avions de bois ? Ou bien préféreriez-vous le silence et le mystère ?

Peter Sís

 

Proposé en collaboration avec les éditions Grasset et les éditions Labyrint.

www.grasset-jeunesse.com/collections/peter_sis.htm

www.labyrint.net/autor/63/sis-petr

 

Exposition ouverte du mardi au samedi de 13h à 18h, le mercredi jusqu’à 20h.

Entrée libre.

 

Peter Sís, illustrateur, auteur et cinéaste de renommée internationale, est né à Brno, en Tchécoslovaquie, en 1949. Il fait des études à l’Ecole des arts décoratifs de Praguet au Royal College of Art à Londres. Il commence sa carrière comme réalisateur et remporte l’Ours d’or au festival de cinéma de Berlin (Ouest) en 1980 avec un court métrage d’animation. Il a également remporté le Grand Prix Toronto et Prix de l’Aigle d’argent. En 1983, il collabore avec Bob Dylan sur You Got to Serve Somebody. Son œuvre cinématographique est inscrite au Musée d’art moderne de New York.

En 1982, il est envoyé par le gouvernement tchèque à Los Angeles pour produire un film dédié aux Jeux olympiques d’été de 1984. Cependant, le projet de film est abandonné lorsque la Tchécoslovaquie et le reste du Bloc de l’Est annonce de boycotter les Jeux olympiques. Ordonné de retourner au pays par son gouvernement, il décide de rester aux Etats-Unis et y reçoit l’asile politique. Sa correspondance avec Maurice Sendak lui ouvre les portes d’éditeurs de livres pour enfants, et il s’installe à New York City en 1984 pour commencer une nouvelle carrière.

Sís devient rapidement un des artistes majeurs en son domaine lorsqu’en 1986 paraît Le souffre-douleur de Sid Fleishman, qui remporte la Médialle Newbery. Avec plus de vingt livres à son crédit, et presque autant de distinctions, Peter Sís a remporté sept fois le prix du New York Times Book Review du Meilleur livre illustré de l’année avec les livres Un rhinocéros arc-en-ciel, Beach Ball, Komodo, l’île aux dragons, Les trois clés d’or de Prague, et L’Arbre de la vie, Charles Darwin. Komodo et Petit conte du Grand Nord ont tous deux été cités aux prix Boston Globe-Horn Book, et Sís a également remporté la Médaille d’or de la Société des illustrer pour Komodo et une Médaille d’argent pour Les trois clés d’or de Prague. Son livre Le messager des étoiles, Galilée a reçu le prix Caldecott Honor Book en 1997 et a été publié en anglais, en français, en allemand, en tchèque, en portugais, en grec, en japonais, en chinois, en coréen et en espagnol. Le chien de Madlenka et L’Arbre de la vie, Charles Darwin ont tous deux été nommés Livres pour enfants de l’année par le New York Times Book Review.

En 2003, Peter Sís a été nommé MacArthur Fellow, une distinction remise par la Fondation John D. et Catherine T. MacArthur, primant des « individus talentueux ayant fait montre d’une originalité extraordinaire, d’une grande persévérance dans leur poursuite créative et d’une capacité notoire de fidélité à soi-même. »

Parallèlement à son œuvre prolifique d’auteur, Peter Sís a contribué plus de mille dessins au New York Times Book Review et ses illustrations sont également parues dans le magazine Time, l’Atlantic Monthly, Newsweek, Esquire et dans beaucoup d’autres magazines aux Etats-Unis et à l’étranger.

Et a conçu de nombreuses couvertures de livres et affiches, y compris, en 1984, celle, devenue fameuse, du film Amadeus de Miloš Forman, primé aux Oscars. Plus récemment, il a réalisé une peinture murale pour l’aéroport de Washington/Baltimore, une affiche pour le métro de New York, et la scénographie d’un spectacle du Ballet Joffrey. Il utilise des procédés très variés et tout support imaginable se prête à son travail, y compris des chaises, des murs, des œufs, des boîtes, des coquillages, et même des chapeaux. Son œuvre a été exposée à Prague, Londres, Zurich, Hambourg, Los Angeles et New York autant en exposition personnelle que collective.

Plus récemment, il a publié, en 2007, Le Mur, qui a donné lieu à une exposition présentée en France au Centre tchèque de Paris en 2009. L’ancien président de la République tchèque, Václav Havel, a dit de son travail : « Cet œuvre de Peter Sís porte avant tout sur la volonté de vivre sa vie librement et devrait être une elcture obligatoire pour ceux qui considèrent la liberté comme quelque chose d’acquis. » En janvier 2008, ce livre a reçu la Médaille Robert F. Sibert et a été nommé Caldecott Honor Book. En 2012, il s’est vu décerner le Prix Hans Christian Andersen.

www.petersis.com

Lieu:

18 rue Bonaparte
75006 Paris
France

Date :

A partir du : 29 avr. 2014
Jusqu'au : 6 juin 2014

Organisateur:

Centre tchèque


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