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Programme

10 janv. 2015 - 28 févr. 2015

Miroslav Tichý - Piège pour un voyeur

 

Miroslav Tichý ouvrira l’année 2015 à la galerie Christophe Gaillard avec l’exposition « Piège pour un voyeur » dans laquelle seront présentée 35 œuvres du désormais célèbre artiste tchèque.

Première exposition de Tichý à la galerie (et troisième exposition en France après la rétrospective que lui a consacré le Centre Pompidou à l’initiative de Quentin Bajac en 2008 et après l’exposition en 2010 à la galerie Anne de Villepoix), l’exposition s’articulera autour d’une scénographie spécialement conçue pour l’occasion qui rappelle le décor urbain tel qu’on pouvait le trouver dans les années 70-80 par exemple et dans laquelle le spectateur découvrira les œuvres de Tichý au travers de palissades et de grillages. Ainsi placé dans la position de celui qui découvre l’œuvre de Duchamp « Étant donnés 1. la chute d’eau 2. le gaz d’éclairage »le visiteur sera lui-même pris au piège. L’exposition emprunte son titre à l’œuvre éponyme de Michel Journiac « Piège pour un voyeur ».

Mises à distance, saisies à la dérobée, les œuvres de Tichý nous rappelle que l’un des thèmes centraux de son œuvre est « celui qui montre Tichý comme un promeneur, un marcheur, celui du marcheur dans la ville, du flâneur de Baudelaire et de Benjamin, des dérives situationnistes et des artistes contemporains comme Francis Alÿs ou Gabriel Orozco qui font de la marche urbaine un élément essentiel de leur travail. Ce thème rattache également Tichý à la Street Photography, et en particulier à ses représentants les plus spontanés, comme Gary Winogrand ou Joan Colom. Cette esthétique de la marche, l’importance accordée à l’appropriation urbaine inscrivent Tichý dans un courant qui traverse tout l’art contemporain » (« L’invention de Miroslav Tichý », Études photographiques).

 

L’œuvre photographique de Miroslav Tichý révèle un talent singulier, marginal et monomane, aux images inclassables et intemporelles. Né en 1926 en Moravie, Miroslav Tichý a entamé une carrière de peintre, marqué par les influences de Picasso, Matisse et des expressionnistes allemands. La prise du pouvoir par les communistes en 1948 le conduit à adopter une position de repli. De retour dans sa ville natale de Kyjov, ayant quelque peu délaissé la peinture, il s’initie, au milieu des années cinquante, à la photographie, qu’il réinvente de toutes pièces, construisant notamment ses propres appareils ainsi que son matériel de développement à partir de matériaux au rebut, boites de conserve, verres de récupération, cartons à chaussures. Pendant presque trente ans, jusqu’à la fin des années quatre-vingts, faisant le choix de l’isolement social et culturel face au régime alors en place, il réalise quotidiennement plusieurs dizaines de clichés, ayant pour principal sujet les femmes de Kyjov. Son comportement volontairement marginal, farouchement indépendant, à rebours de l’idéologie du progrès socialiste alors en vigueur, lui vaut des difficultés récurrentes avec les autorités de l’époque, qui prennent la forme de divers internements en établissements psychiatriques dans les années 1960 et 1970 et d’une expulsion de son atelier en 1972. Les images de Miroslav Tichý, réalisées de manière instinctive ou mécanique avec des appareils bricolés, des optiques approximatives, proposent une vision extraordinaire d’une réalité érotisée et fantasmatique, mi réelle-mi onirique: femmes à la piscine, femmes dans la rue, femmes en intérieur, ou saisies sur des écrans de télévision, constituent son sujet unique et obsessionnel. Les images tirées et agrandies par ses soins sont souvent ensuite retouchées, montées et encadrées sur des matériaux pauvres, journaux, cartons, et parfois ensuite abandonnées plusieurs années dans son atelier. Sous ou sur-exposées, rayées, floues, déchirées, tachées, elles révèlent néanmoins un artiste inclassable, marqué par de fortes influences picturales classiques mais dont la méthode s’apparente parfois à certaines pratiques amateur et de l’art «outsider». Par l’inlassable recours à un seul et même thème, par l’abondance et la régularité de la production, son travail entretient également des affinités avec bien des démarches de l'art contemporain des mêmes années (Miroslav Tichý, Centre Pompidou, Commissaire Quentin Bajac).

 

Exposition ouverte du mardi au vendredi, de 10h30 à 12h30 et de 14h à 19h, le samedi de 12h à 19h.

 

Galerie Christophe Gaillard

12 rue de Thorigny 

75003 Paris

01 42 78 49 16

contact@galerie-gaillard.com

www.gaeriegaillard.com

 

Lieu:

Galerie Christophe Gaillard

Date :

A partir du : 10 janv. 2015
Jusqu'au : 28 févr. 2015

Organisateur:

Le Centre tchèque est coorganisateur de l'événement


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