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Programme

5 mai 2011 19:00 - 21 mai 2011

Milada Horáková - Insoumise

Exposition, commissaire : Jean-Gaspard Páleníček

Vernissage le jeudi 5 mai de 19h à 20h

 

Milada Horáková (25 décembre 1901 - 27 juin 1950) fut l'une des rares femmes à être exécutée lors d’un procès spectaculaire dans l’ancien bloc de l’Est. Reconnue comme l'une des grandes figures de la résistance au communisme ayant fait preuve de sang-froid et de courage durant son procès, elle nait à Prague et étudie le droit à l'Université Charles de Prague. Membre du parti socialiste national tchécoslovaque, après l'invasion du pays en mars 1939 par l'Allemagne nazie, elle entre dans la Résistance. Arrêtée par la Gestapo en 1940, elle est condamnée à la peine capitale, voit sa condamnation réduite à la prison à perpétuité et est déportée au Camp de concentration de Terezín puis dans diverses prisons allemandes. Après 1945, également membre du Conseil des femmes tchécoslovaques, elle est de ces politiciens qui cherchent à préserver la démocratie et le pluralisme politique dans un pays qui sombre progressivement dans la dictature communiste. En 1948, suite à la prise de pouvoir par les communistes, elle démissione de son poste de députée de l'Assemblée nationale. Elle est arrêtée le 27 septembre 1949 : la Police d’Etat construit une théorie du complot contre l'État tchécoslovaque et le parti communiste l’impliquant elle et douze autres personnes. En utilisant des pressions tant psychologiques que la torture physique, la Sécurité cherche à faire avouer les « traîtres ».

 

Son procès et celui de ses douze « acolytes » commence le 30 mai 1950. Sur le banc des accusés, outre Milada Horáková, se trouvent Jan Buchal, officier du renseignement, Oldřich Pelcl, ex-maître de forge, Závis Kalandra, historien, journaliste et critique d’art (tous trois exécutés à l'issue du procès), Jiří Hejda, ex-industriel, Antonie Kleinerová, ex-députée du PSNT, František Přeučil, éditeur, Josef Nesvátal, ancien député (tous les quatre condamnés à la prison à perpétuité), Bedřich Hostička, secrétaire du Parti du peuple tchécoslovaque (condamné à 28 ans de prison), Zdeněk Peška, professeur universitaire (condamné à 25 ans de prison), Jiří Křížek, avocat (condamné à 22 ans de prison), Františka Zemínová, rédactrice, ex-députée du PSNT et Vojtěch Dundr, ex-secrétaire du Parti socialiste démocrate de Tchécoslovaquie (condamnés à 20 ans de prison).

 

Les autorités communistes veulent un procès « pour l'exemple » dans la droite ligne de ceux des Grandes purges soviétiques des années 1930 (des experts de Moscou veillent d’ailleurs à son « bon déroulement »). Le procès se déroule selon un « scénario » préparé à l'avance qui détermine les réponses et le comportement des accusés. Des extraits du procès sont télévisés et rediffusés à la radio. A ce titre, la comparaison des émissions d’époque avec l’intégralité des archives du procès, rendues publiques après la Révolution de velours, montre bien la façon de manipuler les images qu’eut la propagande communiste (cf. par exemple l’excellent cycle documentaire Le Procès H. qui suit les assises du procès au jour le jour, disponible en ligne sur : www.ceskatelevize.cz/porady/10153697395-proces-h).

 

Horáková, ainsi que nombre des autres accusés, reste fidèle à ses idéaux et n'hésite pas à faire front au jury :

« Nous avons longuement discuté de ce qu'on appelle la « conviction ». Car c’est par ma conviction que mes actes étaient motivés. Je dois dire que la Police d’Etat et ses organes ont manifesté plus de patience pour me convaincre, alors que moi, j’ai été beaucoup moins patiente, après février 1948, pour me persuader que les violences et les injustices qui étaient à l’origine de mes actes étaient réelles ou passagères. Je mentirais en disant que j’ai changé, que je suis tout autre, que ma conviction a changé. Cela ne serait ni vrai, ni honnête. »

 

Les condamnations sont prononcées le 8 juin 1950. La sévérité de la condamnation choque l’opinion publique en Tchécoslovaquie et dans le monde : c’est la première fois qu’une femme, mère célibataire d’une adolescente de seize ans, est condamnée à la pendaison. En dépit d’une mobilisation internationale qui voit l’implication de personnalités célèbres comme Albert Einstein, Winston Churchill ou Eleanor Roosevelt qui soutiennent le recours en appel (promptement rejeté) et la demande de grâce présidentielle présentée au président Klement Gottwald, Milada Horáková est pendue, avec ses trois co-condamnés le 27 juin 1950.

 

Le verdict a été annulé en juin 1968 au moment du Printemps de Prague, mais en raison de l'invasion de la Tchécoslovaquie par les armées du Pacte de Varsovie en août de la même année, Milada Horáková dut attendre 1990 pour que la réhabilitation complète de sa mémoire soit prononcée par l'État tchécoslovaque. Au total, près de 250 prisonniers politiques furent condamnés et exécutés en Tchécoslovaquie communiste entre 1948 et 1989.

 

Notre exposition a pour base un document jusque-là peu connu : une bande dessinée publiée en 1951 à New York par le Comité national pour une Europe libre intitulé Unconquered, conservée aux Archives nationales tchèques. Celle-ci est complétée par une série de documents d'époque, d'informations historiques et d'extraits de films, y compris ceux du procès.

 

Exposition ouverte du 6 au 21 mai du mardi au samedi de 13h à 18h, nocturne le mercredi jusqu’à 20h.

Entrée libre.

 

En complément : le 12 mai 2011 à 19h, nous vous convions à un débat sur Milada Horáková, avec les historiens Antoine Marès, titulaire de la chaire d’Histoire à l’Université de la Sorbonne-Paris I, et Françoise Mayer, directrice du CEFRES à Prague.

 

 

 

 

 

 

Lieu:

18 rue Bonaparte
75006 Paris
France

Date :

A partir du : 5 mai 2011 19:00
Jusqu'au : 21 mai 2011

Organisateur:

Centre tchèque


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