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Programme

3 févr. 2012 20:30

Leos Janacek - Jenufa

Opéra de Reims

 

 

vendredi 3 février 2012 20H30
dimanche 5 février 2012 14H30

 

Durée : 2h45 avec entracte
Tarifs : 40€-30€-20€-10€
Chanté en tchèque, surtitré en français

 

1939. La Moravie va bientôt être envahie. Dans le moulin familial d’un petit village où vit Jenufa, les règles les plus archaïques cadenassent encore le monde paysan. Aussi, lorsque la jeune fille donne clandestinement naissance à l’enfant de Stéva, noceur et volage, Kostelnicka, mère adoptive sévère, noie l’enfant pour sauver leur honneur. Pourtant malgré le drame, la vie est toujours là, et l’amour…

Portant sur son héroïne un regard de tendresse infinie, Leos Janacek dépasse l’anecdote du fait divers réel pour donner à son opéra la dimension universelle d’une tragédie lyrique. Le destin broie les êtres comme la meule écrase le grain ; mais le moulin à blé est également image de fertilité et de richesse, la farine reflète par sa blancheur l’âme pure de la jeune mère meurtrie et l’espérance demeure.

Attaché à sa terre morave, le musicien plonge dans le chant populaire et le folklore pour élaborer une fascinante mélodie langagière qui fait entendre le rythme des saisons. Très théâtrale, l’oeuvre de Janacek est aussi une superbe composition, une ode à la femme en quête de liberté.

 

Direction musicale : Ondrej Olos - Mise en scène : Pierre Constant - Scénographie : Roberto Platé - Costumes : Lili Kendaka - Lumières : Jacques Rouveyrollis - Assistante lumières : Jessica Duclos

Stařenka Buryova : Jacqueline Mayeur - Laca Klemeń : Michael Bracegirdle - Śteva Buryja : Richard Samek - Kostelnička Buryova : Eliska Weissovà - Jenufa : Pavla Vykopalovà - Stàrek : Patrice Berger - Rychtàř : Bernard Deletré - Rychtàřka : Martine Surais - Karolka : Sylvia Kevorkian - Jano : Valérie Gabail

Choeur : Opéra de Limoges et Opéra de Rennes

Orchestre : Opéra de Reims

Coproduction : Opéra de Rennes, Opéra de Limoges, Opéra de Reims

 

Leos Janacek a commencé à composer Jenufa -drame villageois- à la fin du 19ème siècle où il situe l’action. Nous sommes au début du 21ème ; sans perdre de vue son temps et le nôtre et pour réduire la distance nous nous placerons au mitan du 20ème juste avant la déflagration de la deuxième guerre mondiale. A cette époque le monde paysan vivait sur des modes et des codes qui n’avaient pas évolué depuis longtemps : oppression de la religion, du corps social, de la famille ; analphabétisme, possession tyrannique de la terre etdes biens, société close verrouillée par des règles ancestrales.
   La fable est simple : Jenufa attend secrètement un enfant de Stéva noceur et volage, propriétaire du moulin, jalousé par son demi frère Laca amoureux aussi de la jeune fille. Sa mère adoptive gardienne sévère du moulin, de l’église et de la morale d’un groupe humain noiera le bâtard pour sauver leur honneur. Découverte, accusée, Laca et Jenufa pourront s’unir et espérer un avenir appaisé. 

   Serions-nous dans un évènement campagnard au réalisme pittoresque ? Par le génie du musicien le fait divers localprend la dimension universelle d’une tragédie lyrique. Attaché à sa terre morave et à ses chants profonds, dans sa quête d’un langage musical rythmé par la langue elle-même,il est loin des citations du terroir. Il cherche une mélodie langagière articulée à la musique des mots. Plongé dans le chant populaire, Janacek goûte le folklore comme "s’il suçait le lait maternel" avoue-t-il avec gratitude. Emu, il déroule le cordon ombilical mère-enfant -il vient de perdre sa propre fille". Absence du père, vide affectif, maternité généreuse, stérilité dangereuse, orphelins, infanticide sont accompagnés d’invocations à la Vierge-mère, celle de l’enfant Jésus et celle du fils crucifié.

Ici le destin broie les êtres comme la meule écrase le grain. Le moulin familial, décor unique, est matrice des passions contrariées et de tous les conflits. On y travaille, aime, prie, on s’y affronte. La présence odorante du blé est image de fertilité, de richesse, mais aussi de pouvoir ; c’est que le moulin nourrit toute une population. L’espace qu’il ouvre évolue en espace mental : les personnages le traversent parfois tels des somnambules, hallucinés, aux lisières de la folie, entrainés dans un tournoiement qui semble initié par la machinerie du moulin lui-même. Nous sommes dans un univers blanc : de farine, de neige, de l’âme virginale de Jenufa la jeune mère meurtrie. En ce temps charnière elle lutte à coeur et à cris pour trouver son chemin de liberté. La lumière viendra par la fraîcheur d’un amour désintéressé un désir de sincérité et d’harmonie. Nous voudrions faire entendre la voix du temps qui passe avec la semence, la germination, la moisson, métaphore de la gestation de l’enfant à naître. Nous voudrions faire entendre le rythme des saisons, les cadences du travail, les coups du coeur, le chant secret des solitudes et del’amour blessé. Nous voudrions faire entendre la rumeur d’une petite communauté rurale dont l’histoire violente va être emportée par le fracas des grandes secousses de l’Histoire.
   Printemps 1939 : les armées du 3ème Reich envahissent la Bohême et la Moravie.

 

Opéra de Reims

1, rue de Vesle

51100 Reims

www.operadereims.com

 

Lieu:
Opéra de Reims
Date :

3 févr. 2012 20:30

Organisateur:

Opéra de Reims


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