Česká centra, Czech Centres

Česká centra / Czech centres - logo

Programme

17 mai 2017 10:00 - 18:00

La cinétique des arts

Colloque international interdisciplinaire organisé par le Groupe de Recherche d’Histoire, EA 3831, Université de Rouen, par l’Institut Acte, UMR 8218, Université Paris 1 & CNRS, en partenariat avec le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, UMR 2448, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / Paris Saclay.

 

 

Le terme « cinétique » est le plus souvent utilisé comme adjectif : énergie cinétique – énergie du mouvement, art cinétique – oeuvre d’art dont certaines parties sont en mouvement ou paraissent l’être. Mais dans le titre de ce colloque, il est en position nominale, c’est-à-dire fait référence à la théorie physique définissant un phé­nomène à partir du mouvement des composantes du sys­tème dans lequel il apparaît. Pour les arts, cela voudrait donc dire qu’une forme d’art peut être conçue comme un phénomène apparaissant dans un système dont le mouvement des parties pourrait être décrit en sorte d’en rendre raison… De fait, cela peut sembler assez rationnel que certaines musiques de Iannis Xenakis, par exemple Pithoprakta (1955-1956), composées par un calcul ins­piré de la théorie cinétique des gaz, puissent rendre un effet esthétique qui évoque des trajectoires, des chocs de particules, et c’était en tout cas son idée que cer­taines structures algébriques puissent être appréhendées par nos sens.

De même, on peut concevoir que des technologies, des techniques ou des médias offrent autant d’occasions de donner des équivalents sensibles de schémas dyna­miques : l’acousmonium du GRM pour la musique élec­troacoustique ou, plus récemment, le système de diffu­sion sonore spatialisée « Dolby Atmos » pour le cinéma. Mais s’agissant d’un « système des arts » dans lequel ap­paraîtrait telle ou telle forme particulière comme simple effet de l’agencement et du mouvement de ses consti­tuants, ce n’est plus seulement une affaire d’esthétique, de sensations ou d’émotions induites.

La « cinétique » apparaîtra, dans ce milieu plus général, comme une approche spécifique, à l’instar de l’archéolo­gie, de l’histoire, de la sémiologie, de la musicologie, de l’esthétique elle-même… Par exemple, on pourrait imagi­ner que, dans le référentiel constitué par une académie, des institutions d’exposition et une axiologie régissant les échanges de ses productions, un « manifeste » comme L’Arte dei Rumori puisse faire mouvement, circuler, voire mettre en mouvement et bousculer les constituants du système dans lequel il est introduit. La cinétique consis­tera donc à décrire ce mouvement et à en étudier les effets, et ce jeu pourra être raffiné autant qu’on vou­dra en changeant de référentiel, voire en observant les influences que les objets composant le référentiel exer­cent sur celui qui est placé dans leur champ… Car après tout, ce sont tous des objets, des « faits construits », dès lors qu’on les place dans le cadre d’une étude empirique.

Ainsi conçue, l’approche « cinétique » des arts pourrait favoriser l’étude de certaines productions et n’être que d’une moindre utilité pour d’autres. Elle aurait donc pour corollaire de faire émerger une nouvelle catégorie. Mais dans tous les cas, il importera que chaque exercice qui en suivrait le principe fasse clairement apparaître ses limites, qui sont celles de toute approche expérimentale.

Pour le dire de manière synthétique, les propositions de communications pour le colloque « La cinétique des arts » seront examinées selon deux critères pour les « études de cas » : la prise en compte du caractère instrumen­tal, analytique, du concept de « cinétique » ; le choix de l’objet étudié, puisque tous ne sont pas également susceptibles d’être observés par ce dispositif. Les propositions pourront également porter sur une critique de la méthode « cinétique » par l’examen de ses limites et, en particulier, de la menace scientiste que toute approche empirique comporte inévitablement, comme cela a été largement démontré avec l’histoire de l’esthétique.

 

PROGRAMME

10h Indrė Eugenija Želvytė : La cinétique de l’art pia­nistique - entre interprète et instrument

10h30 Georges Bériachvili : Geste et mouvement chez les compositeurs du début du XXIe siècle

11h Xavier Hautbois : Cinématique musicale : le mouve­ment segmenté

11h45 Pause

14h Nicolas Darbon : La dynamique des fluides

14h30 Martin Kaltenecker : Analyse cinétique de la mélo­die

15h Pause

15h30 Jacopo Baboni Schilingi : La constitution des arché­types dans l’intelligence collective et leur épaississement

16h Célio Paillard & Frédéric Mathevet : JI2 pour synthétiseur, performance

17h Débat de clôture

 

 

COMITÉ SCIENTIFIQUE
Christophe d’Alessandro – Directeur de Recherche, LAM, Institut Jean Le Rond d’Alembert, CNRS / UPMC ; Miguel Almiron – Maître de Conférences, Université de Paris-Est ; Florent di Bartolo – Maître de Conférences, Université de Paris-Est ; Pierre-Albert Castanet – Professeur des Universités, Université de Rouen ; David Christoffel, Producteur à Radio France, membre de l’Institut ACTE, Sorbonne Paris 1 & CNRS ; François Delalande – Chercheur émérite, GRM ; Xavier Hautbois – Maître de Conférences, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines ; Patrick Otto – Maître de Conférences, Université de Rennes ; Gérard Pelé – Professeur des Universités, ENS Louis-Lumière, Institut ACTE, Sorbonne Paris1 & CNRS ; Makis Solomos – Professeur des Universités, Université de Paris 8 ; Lenka Stransky – Chercheuse associée, Institut ACTE, Sorbonne Paris 1 & CNRS et GRHis, Université de Rouen.

COMITÉ D’ORGANISATION
Pierre-Albert Castanet, Gérard Pelé, Lenka Stransky

 

Salle Janáček

Entrée libre

Lieu:

18 rue Bonaparte
75006 Paris
France

Date :

17 mai 2017 10:00 - 18:00

Organisateur:

Le Centre tchèque est coorganisateur de l'événement


Me rappeler l'événement
Impossible de faire de rappel pour cet événement car il a déjà commencé