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Programme

10 nov. 2012 20:00

Helena Třeštíková - Le Cosmos privé

Film d’ouverture du Mois du film documentaire 2012, projection en présence de la réalisatrice

 

 

 

Jana Pfeifferová et Petr Kettner se sont mariés le 2 mai 1974 et c’est là que tout a commencé. Tout ? Presque rien. Le quotidien de ce qui va devenir une famille de trois enfants. Helena Třeštíková, importante documentariste tchèque, a déjà signé des portraits tournés sur plusieurs années. Mais ce film porte sur plusieurs décennies et filme trois générations  (sans compter celle des grand-mères). Trente-sept ans exactement. L’intimité que déploie ce home movie est d’autant plus grande que si la cinéaste tourne, le père tient en même temps un journal. Le montage bat donc les cartes du temps : Helena Třeštíková ajoute aux entrées de journal familial lues aujourd’hui (premières fois, photos, billets de banque que Petr colle dans ses cahiers car il sait que les changements politiques du pays les rendront bientôt obsolètes) une dose homéopathique de métrage d’actualités. Conquête spatiale et apparitions télévisées d’un crooner tchèque ponctuent un quotidien qui semble a priori peu affecté par ces bouleversements cosmiques. On comprend alors le sens du titre Cosmos privé : ce ne sont pas tant ces événements extérieurs qui infléchissent la vie de la famille que leur impact sur le premier-né du couple, Honza, dont la naissance avait déjà inspiré à la documentariste son court métrage Le Miracle. Né sous le communisme et fou de fusées soviétiques, Honza fêtera ses quinze ans pendant la Révolution de velours. Si le crooner Karel Gott, immuablement médiatique, a su changer de bord au gré des fluctuations politiques, Honza, astre singulièrement brillant du cosmos Kettner, incarne une forme de rébellion « de velours » au sein d’une famille où règne la quiétude.

 

Organisé en collaboration avec le Centre tchèque de Paris.

 

 

Les films que proposent de découvrir les participants au Mois du film documentaire rendent compte d’une grande diversité de formes et de regards. Ce qui les relie dans cette diversité, c’est la créativité de leurs auteurs, motivés par l’exigence de faire partager des questionnements sur le monde, qu’ils soient d’ordre intimes, politiques, sociaux, artistiques ou même philosophiques.

Les cinéastes ne cessent d’explorer les frontières du « genre », d’imaginer des hybridations avec d’autres genres, d’inventer de nouvelles écritures. Et pourtant, cette question de la forme est déterminante de l’expérience du spectateur. S’il n’est pas question de stigmatiser les genres « magazine » ou « reportage », qui connaissent eux aussi leurs réussites, force est de constater que « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface ».

Le Mois du film documentaire est chaque année l’occasion d’affirmer, pendant tout un mois, sur tout le territoire et à l’étranger, cette identité de la forme et du fond que Victor Hugo, à qui l’on attribue cette phrase, exprimait ainsi : « Fouillez les étymologies, arrivez à la racine des vocables, image et idée sont le même mot. Il y a entre ce que vous nommez forme et ce que vous nommez fond identité absolue, l’une étant extérieure à l’autre, la forme étant le fond, rendu visible. » (Utilité du beau, le Goût). Chaque projection du Mois du film documentaire est en soi un moment de cette affirmation en faveur d’une attention à l’écriture cinématographique au service des idées.

C’est dans cette direction qu’Images en bibliothèques avec ses partenaires, l’ensemble des coordinateurs régionaux et les centaines de structures participantes, ont travaillé cette année pour que cette 13ème édition soit riche en propositions. Au programme, des documentaires rares à découvrir, des programmations thématiques où les films se font écho, des rencontres et des débats…

Au menu également, la première édition du « Mois du web doc », avec une sélection sur le site de web documentaires. Encore embryonnaire, cette proposition parallèle permettra d’explorer comment certains auteurs commencent à s’emparer de ce genre émergent pour y faire entendre leur voix originale.

Un autre point important de cette édition 2012 : le nombre important de lieux participants, près de 1 500 en France et dans le monde ! Des médiathèques, salles de cinéma, centres culturels, associations, musées, écoles et lycées, universités, ainsi que des hôpitaux, prisons, foyers ruraux, etc. Les diffuseurs de cinéma connaissent des mutations profondes, comme le numérique, mais le Mois du film documentaire est un moment privilégié pour prendre le temps de construire une programmation et faire découvrir ce cinéma. La grande participation des nombreux acteurs culturels, éducatifs et sociaux est la clé du succès de cette manifestation qui s’adresse à tous les publics.

Les œuvres soutenues par le réseau du Mois du film documentaire sont parfois moins « faciles » que d’autres ; elles sont aussi souvent plus riches, plus intrigantes, plus bouleversantes. Nous espérons que chaque spectateur sorte de la séance ému par la rencontre avec l’oeuvre, et avec le désir de poursuivre cette découverte par d’autres séances…

Jean-Yves de Lépinay, Président d’Images en bibliothèques

 

www.bpi.fr/fr/les_dossiers/arts2/portrait_helena_trestikova.html

 

Entrée : 10 €, tarif réduit : 4 €.

 

Salle Cinéma 1

Centre Pompidou

Place Georges Pompidou

75004 Paris

01 44 78 12 33

www.centrepompidou.fr

 

Lieu:

Centre Pompidou, Place Georges Pompidou 75004 Paris

Date :

10 nov. 2012 20:00

Organisateur:

Le Centre tchèque est coorganisateur de l'événement


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