Česká centra, Czech Centres

Česká centra / Czech centres - logo

Programme

15 mai 2014 - 24 août 2014

Fédor Löwenstein, destin tragique d’un élève d’André Lhote

Musée des Beaux-arts de Bordeaux, aile nord (en accès libre)

 

 

Commissaire général : Mme Barthélémy.

Commissaires scientifiques : Mme Saragoza et M Schulmann, conservateurs du patrimoine.

 

En mai 2012, la publication du catalogue L’Art victime de la guerre. Destin des œuvres d’art en Aquitaine pendant la Seconde Guerre mondiale (soutenu financièrement par la DRAC Aquitaine) a été l’occasion de revenir sur l’historique de trois œuvres conservées au musée national d’Art moderne, à Paris. Considérées depuis 1973 comme provenant d’un don anonyme, ces toiles, spoliées à l’artiste Fédor Löwenstein (1901-1946) à Bordeaux en 1940, ont miraculeusement échappé à la destruction projetée par les Allemands pendant l’Occupation.

Né à Munich, en 1901, Fédor Löwenstein, Tchécoslovaque, fait ses études artistiques en Allemagne avant de rejoindre, en 1923, la France. Il s’installe à Paris, attiré par le rayonnement artistique de la capitale où il côtoie André Lhote, le grand peintre bordelais. En 1936, il adhère au groupe des Surindépendants et expose au salon annuel du groupe de 1936 à 1939. En 1938, il peint La Chute sans doute inspiré par la signature des accords de Munich. La composition, le vocabulaire iconographique de l’œuvre rappellent les silhouettes convulsées et hurlantes du Guernica de Picasso, exposé un an plus tôt, à l’Exposition universelle de Paris. L’entrée en guerre de la France le conduit, comme de nombreux artistes, à quitter la capitale. Il se rend à Mirmande (Drôme) sur les conseils de Marcelle Rivier, une autre élève d’André Lhote. Mirmande, village en ruines, accueille quelques peintres, mais la plupart d’entre eux viennent travailler aux côtés d’André Lhote lors de son académie d’été. Le village fut un lieu de refuge pour de nombreux artistes d’origine étrangère. Löwenstein se partage entre Mirmande et Nice où vivent sa mère et sa sœur. La suppression en novembre 1942 de la ligne démarcation et l’invasion de la zone sud font éclater le groupe malgré la bienveillance du préfet Pierre de Soubeyran de Saint-Prix, petit-fils d’Emile Loubet. Löwenstein se réfugie un temps à l’abbaye d’Aiguebelle (Drôme). A l’automne 1943, malade, il se rend à Paris, pour consulter à l’institut Curie et à l’hôpital Broussais. Pourtant, sa maladie n’est pas identifiée et continue à évoluer. Il séjourne dans la capitale, très entouré sans doute jusqu’à la fin de la guerre. De retour à Nice, il y décède en 1946.

Les trois œuvres qui figurent au cœur de l’exposition faisaient partie d’un envoi que le peintre destinait à une galerie de New-York. Les caisses sont saisies à Bordeaux en 1940, lors d’une importante saisie, au cours de laquelle sont également confisqués des biens appartenant au collectionneur et mécène sir Edouard James, ami de Salvador Dalí.  Le peintre ne semble pas avoir appris que ces œuvres ont été saisies et envoyées au Jeu de Paume, à Paris, mis à disposition de l’ERR ; aussi n’a-t-il pas déposé de dossier de réclamation. Les œuvres portent les stigmates de leur condamnation esthétique : une grande croix rouge indiquant qu’elles étaient destinées au rebut et à la destruction. Les fiches établies par l’ERR portent d’ailleurs la mention vernichtet, « détruit ». Ce n’est que fin 2010 que le rapprochement entre les œuvres du musée national et la saisie Fédor Löwenstein au hangar H du port de Bordeaux est effectuée.

L’historique de ces œuvres étant désormais établi, il a été de procéder à leur radiation de l’inventaire des collections permanentes du musée pour les réinscrire sur l’inventaire spécial, provisoire, des œuvres issues de la spoliation artistique, les MNR (Musées Nationaux Récupération). La ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, a récemment rappelé lors d’un colloque organisé au Sénat le 31 janvier 2014 qu’« Il faut que l’on sache que, derrière les trois lettres de MNR désignant les œuvres dont on n’a pas retrouvé les propriétaires, il y a des vies qui ont été saisies par la barbarie nazie ». Si près de soixante-dix ans après la fin du conflit, de nombreux cas de restitution d’objets d’art restent en attente, trois d’entre eux sont désormais sortis de l’ombre et attendent maintenant l’identification des ayants droit de Wilhem Fédor Löwenstein (1901-1946) pour être remis à leurs propriétaires légitimes.

 

Musée des Beaux-arts de Bordeaux

20, cours d'Albret
33 000 Bordeaux

 

www.musba-bordeaux.fr

Lieu:
Bordeaux
Date :

A partir du : 15 mai 2014
Jusqu'au : 24 août 2014

Organisateur:

Musée des Beaux-arts de Bordeaux


Me rappeler l'événement
Impossible de faire de rappel pour cet événement car il a déjà commencé