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Programme

7 janv. 2010 - 20 févr. 2010

Exposition 5 braves de la FAMU

La nouvelle génération de l’animation tchèque

 

 

 

Vernissage le jeudi 7 janvier à 19h en présence de la commissaire de l’exposition Zuzana Povýšilová.

  

Œuvres de Michal Žabka, Václav Švankmajer, Jan Bubeníček, Noro Držiak et David Súkup.

  

Exposition ouverte du 8 janvier au 20 février, du lundi au vendredi de 9h à 12h, du mardi au samedi de 13h à 18h, nocturne le mercredi jusqu’à 20h.

Michal Žabka, Václav Švankmajer, Noro Držiak, Jan Bubeníček, David Súkup. Qu’est-ce qui relie ces jeunes hommes à succès ? C’est la chaire d’animation de l’Académie de cinéma FAMU de Prague dont ils ont achevé le cursus à la fi n du siècle dernier ou au début de ce siècle.

Fondée en 1946, la FAMU, la plus grande école supérieure de cinéma de Bohême, a formé nombreux auteurs de films de fiction et de documentaires, scénaristes, cameramen, producteurs, ingénieurs du son et monteurs, mais a pendant longtemps résisté au média de l’animation. Ce n’est qu’en 1990 que fut fondée la chaire d’animation. Ses instigateurs furent le de grand classique de l’animation tchèque et mondiale Břetislav Pojar, le scénariste Jiří Kubíček et le peintre et artiste vidéo Radek Pilař.

C’était à l’époque où toute la cinématographie tchèque vivait sa privatisation. Ce n’est pas un secret aujourd’hui que cette privatisation fut mal réussie, voire ratée. Une de ses conséquences fut que le système clos et efficace de cette cinématographie s’effrita en plusieurs établissements couvrant la création cinématographique, la distribution et le marché international qui cessèrent de collaborer et se mirent à se faire concurrence dans le but de s’accaparer le plus grand espace sur la place publique. En une courte période, la cinématographie tchèque s’écroula. De façon paradoxale, aussi fameux qu’il ait été, le plus touché fut justement le domaine du cinéma d’animation. Avec l’annulation du décret 50/1945 du président Beneš, promu à l’issue de la Seconde Guerre mondiale et dictant que « le spectacle cinématographique se compose d’actualités filmées, d’un film court et d’un long métrage », le cinéma d’animation perdit tout soutien législatif. Car ce « ce film court » en question était le plus souvent un court film d’animation. Sans possibilité de projections, il n’y eut plus de raisons d’en tourner. Toute la décennie des années 90 se passa sous le signe d’une lourde déchéance de l’animation et d’une dissolution progressive des grands studios à grande tradition en de petits ateliers, souvent familiaux.

Cependant, cette expérience néfaste eut aussi ses aspects positifs. Dans l’impossibilité de faire des films, les grands maîtres de l’animation commencèrent à enseigner dans les écoles, y compris à la FAMU. Et alors que les œuvres produites par les grands studios allaient perdant leur valeur artistique, celle des étudiants s’accroissait. Les étudiants tchèques prirent le relais des mains des professionnels, leurs professeurs.

Les années 90 furent ainsi sous le signe de l’élaboration et la mise au point des plans d’enseignement, l’expérimentation du système d’exercices pratiques et, chose décisive pour l’évolution de la chaire, d’une prise en charge de plus en plus efficace de l’aspect matériel de ces exercices. Car le cinéma d’animation est un domaine qui ne peut se passer de toute une série d’appareils qui ne sont destinés qu’à l’animation exclusivement. Il s’agit avant tout de caméras spéciales permettant des prises de vue « fenêtre par fenêtre », des tables spécifiques à effets spéciaux, des projecteurs de lumière, mais aussi des squelettes articulés de marionnettes, coûteux et difficiles à se procurer, ainsi que nombre d’autres menus mais importants artefacts.

Michal Žabka, Noro Držiak, Václav Švankmajer, Jan Bubeníček et David Súkup sont arrivés à la FAMU entre 1994 et 1996 et ont connus la période pionnière de la chaire ainsi que celle de sa stabilisation. A l’époque, la chaire n’avait à sa disposition que deux salles de classe dans le bâtiment principal de la FAMU, palais Lažanský sur les quais, et un petit atelier pour le tournage des exercices pratiques au Studio FAMU qui fut cependant construit avant tout pour le tournage de films avec acteurs et ne prévoyait pas du tout qu’on y tourne des films d’animation. Sans doute, ces conditions contraignantes ont également contribué à créer un rapprochement inhabituel entre étudiants et enseignants. C’était comme s’il n’y avait pas de frontières entre les différentes années, les différents étudiants s’entraidaient et s’informaient de leurs plans. Certainement sentaient-ils que c’était désormais eux à prendre la responsabilité de l’évolution à venir du cinéma d’animation. Tous ces facteurs créèrent une sensation de communauté générationnelle et un besoin de se faire connaître en tant que nouvelle génération de l’animation tchèque. Nos « cinq braves de la FAMU », avec trois autres collègues, formèrent un solide groupe de huit auteurs et ensemble, ils décidèrent de réaliser un long métrage démonstratif composé de huit récits cinématographiques liés les uns aux autres, intitulé de façon symbolique « Huit ». Un scénario singulier vit le jour, qui obtint une subvention du Centre d’Etat pour le soutien et le développement de la cinématographie tchèque. Hélas, le film ne vit pas le jour. Il s’agissait là finalement pour nos étudiants d’une trop grande bouchée, impossible à « avaler » parallèlement à toutes leurs obligations d’études, aucun d’entre eux n’avait encore suffisamment d’expérience avec une production aussi complexe pour en assurer le financement et l’organisation. Cela dit, Huit est resté dans les annales comme un événement créatif imposant et remarquable venu de la part des jeunes animateurs tchèques. 

Zuzana Povýšilová

Lieu:

18 rue Bonaparte
75006 Paris
France

Date :

A partir du : 7 janv. 2010
Jusqu'au : 20 févr. 2010

Organisateur:

České centrum


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