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Programme

2 févr. 2006 19:30

Du baroque à Mozart 1

Langues en coexistence, langues en concurence : de Balbín à Thám et Adelung

Directrice de recherche au CNRS, chercheur, historienne et enseignate au Centre de Recherches Historiques de l'EHESS à Paris, Marie-Elisabeth Ducreux, spécialiste de l'histoire et de la littérature des Pays Tchèques (en particuliers de celles entre 1600 et 1850), mais aussi sur celle de la Tchécoslovaquie et sur celle de l'Europe centrale, propose une série de trois soirées où littérature, art et histoire de font qu'un.

De la fin de la Guerre de Trente Ans (1918-1948) à la fin du 18e siècle, comment se pose et comment évolue la question de la langue, de la littérature et de la culture dans la société plurilingue des Pays Tchèques ?

On admet aujourd'hui que la défaite de la Montagne Blanche, le 8 novembre 1620, ne fut pas suivie par une germanisation décidée d'en haut, mais de profonds changements de la norme culturelle interviennent cependant au 17e siècle. La Bohême et la Moravie sont d'abord recatholicisées.

Tous les textes écrits et publiés en tchèque entre 1436 et 1635 sont alors interdits, car suspects d'hérésie hussite et protestante. Le contrôle de la librairie et celui des lectures, pratiqués jusqu'en 1781, ont des effets destructeurs de longue durée. Au 17e siècle, alors que cela n'avait pas été le cas jusqu'en 1620, le latin domine comme langue de culture, au détriment du tchèque ou encore de l'allemand. l'allemand s'impose progressivement et devient au 18e siècle un vecteur privilégié des Lumières. D'autre part, l'usage linguistique est devenu aussi un usage social. L'aristocratie s'exprime quotidiennement dans plusieurs langues, qui ne sont plus, ou presque plus, le tchèque, mais l'italien, parfois l'espagnol, puis au 18e siècle le français, et bien sûr l'allemand.

Pourtant, des auteurs publient en tchèque et en allemand de la poésie, souvent chantée, de la prose. Si l'on confisque et détruit souvent les livres peu catholiques, on a la volonté de les remplacer par d'autres. Ensuite, le souci de la langue est une constante, un "fil rouge" qui parcourt toute cette période. La fin du 18e siècle est le moment où l'on va tenter de définir ce qu'est une littérature nationale.

A travers un itinéraire dans les textes poétiques et théoriques, mais aussi des carnets de voyageurs et d'autres documents d'époque, y compris musicaux, ces trois soirées évoqueront les changements de conceptions sur la culture écrite, sur la nation, et sur la langue entre 1650 et 1791. Les extraits de textes seront lus par Jean-Gaspard Páleníček.

Marie-Elisabeth Ducreux est l'auteur de nombreuses publications : "Histoire et Nation en Europe centrale et Orientale", 19e-20e siècle, Paris, INRP, 2000 ; "Histoire de l'Europe du Centre-Est", Paris, PUF, 2004, 997 p. (avec A. Aleksiun, D. Beauvois, J. Koczowski, H. Samsonowicz et P. Wandycz); "Libri prohibiti. La censure dans la Monarchie des Habsbourg", édité par M.-E. Ducreux et M. Svatoš, Leipziger UniversitätsVerlag, Laipzig, 2005... en tchèque dans différentes revues sur le 17e siècle et la culture baroque depuis 1991 (Acta Universitatis Carolinae, Český časopis historický, Hudební rozhledy, Literární archiv...).

Jean-Gaspard Páleníček (*1978), auteur de textes en vers, en prose et pour le théâtre, de nombreuses traductions (Holan, Hrabal, Hejda, Seifert…) et compositeur. Il a cofondé l’Association artistique Elgar dirigée par le compositeur Miloš Bok. Il est également comédien et metteur en scène. Il a notamment créé les rôles d’Iago (Othello de Shakespeare) et de Croniamantal (Le Poète assassiné d’Apollinaire) pour le metteur en scène Radim Vašinka au théâtre praguois Orfeus.

Entrée libre.

 

 

Lieu:

18 rue Bonaparte
75006 Paris
France

Date :

2 févr. 2006 19:30

Organisateur:

Centre tchèque


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