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Programme

14 nov. 2016 14:00

Le cinéma tchèque des 60’s : un printemps artistique

Café Contre-Culture avec Jean Gaspard Páleníček, écrivain et directeur du Centre tchèque de Paris, animé par Joël Raffier, journaliste à Junk Page.

 

 

A la fin des années 1950, après que Khrouchtchev eut dénoncé les crimes staliniens et après la répression violente des soulèvements de 1956 en Pologne et en Hongrie, le régime communiste en Tchécoslovaquie commence à se questionner de plus en plus sur soi-même. A partir du début des années 1960, des auteurs comme Milan Kundera, Ludvík Vaculík, Ivan Klíma, etc., réunis autour de la revue culturelle Literární noviny, jadis ardents défenseurs du régime, remettent de plus en plus en cause la nature dictatoriale du système. Une nouvelle génération de cinéastes se forme alors à la fameuse école de cinéma de Prague, la FAMU. Parmi eux, nous pouvons citer des auteurs tels que Miloš Forman, Jiří Menzel, Ivan Passer, Pavel Juráček, Jan Němec, Jaromil Jireš, Evald Schorm, Jan Schmidt, Juraj Herz… Influencés par la Nouvelle vague française, ils décident eux aussi de se démarquer de leurs prédécesseurs et empruntent un style jugé plus proche de la réalité, avec une vision philosophique moins simpliste. Certains réalisateurs plus âgés comme Vojtěch Jasný ou Karel Kachyňa rejoignent eux aussi le mouvement.

Les genres qu’ils abordent sont variés. La comédie est le genre qui a le plus de succès public, avec des œuvres qui sont souvent des comédies douces-amères comme par exemple Au feu, les pompiers de Forman ou Trains étroitement surveillées de Menzel (Oscar du meilleur film étranger en 1968). D’autres films adoptent la forme de la parabole, qu’elle soit tournée vers des sujets contemporains comme dans Le Retour du fils prodigue de Schorm, vers le passé comme dans L’Incinérateur de cadavres de Herz, ou qu’elle se situe dans un espace-temps abstrait comme dans La Fête et les invités de Němec. Des documentaires inspirés du cinéma-vérité voient le jour, parmi lesquels Le Plafond ou Un Sac de puces de Chytilová.

Le film de guerre est un genre abordé fréquemment : le régime communiste, dans sa propagande anticapitaliste, voyait d’un œil favorable toute œuvre dénonçant le fascisme, considéré comme un système typiquement occidental. Cependant, les auteurs de la Nouvelle vague s’emparent du genre d’une manière neuve : la distinction entre héros et personnages négatifs s’estompe (Un Carrosse pour Vienne de Kachyňa, 1966), certains films de guerre de l’époque virent plus ouvertement vers un style narratif expérimental, mettant à bas les déterminations d’espace et de temps (Les Diamants de la nuit de Němec, 1964)… C’est dans ce contexte aussi qu’un cinéaste plus âgé comme Karel Zeman, génial auteur de films mêlant le jeu d’acteur aux procédés du cinéma d’animation, crée une série de films antimilitaristes dont la créativité renoue avec le style hautement créatif des avant-gardes de l’entre-deux-guerres (par exemple Chronique d’un fou (1964) situé pendant la Guerre de Trente ans).

La période marque un des âges d’or de la cinématographie tchèque et voit la création de certaines œuvres majeures, qui ne sont d’ailleurs pas toutes issues de la Nouvelle vague, comme par exemple le film Markéta Lazarová (1967) de František Vláčil. C’est à cette époque aussi que fait ses débuts le grand réalisateur de films d’animation surréalistes Jan Švankmajer qui ne se rattache pas lui non plus à la Nouvelle vague, même si quelques-uns de ses films s’en rapprochent par certains éléments (L’Appartement, Le Jardin…).

Stimulés par la créativité des cinéastes de la Nouvelle vague et par leurs nombreux succès internationaux, des réalisateurs de genres mineurs créent alors eux aussi des films particulièrement inventifs. A titre d’exemple, nous pouvons citer la parodie de westerns Joe Limonade d’Oldřich Lipský et Jiří Brdečka. Les premières comédies musicales tchèques voient le jour (Les Vieux de la houblonnière de Ladislav Rychman, Si mille clarinettes… de Ján Roháč et Vladimár Svitáček)…

Le dégel politique de ces années aboutit en 1968 avec le Printemps de Prague, tentative d’un socialisme « à visage humain ». La censure est abolie et les cinéastes de la Nouvelle vague se mettent à tourner des films ouvertement critiques envers le régime communiste, comme par exemple La Plaisanterie de Jireš, Chronique morave de Jasný, L’Oreille de Kachyňa ou Alouettes, le fil à la patte de Menzel. Ce mouvement est stoppé net après l’invasion du pays en aout 1968. Quantité de films sont interdits, certains avant même d’être distribués. Au cours des deux décennies suivantes désignées par le terme de « Normalisation », dans le sens d’un retour aux normes totalitaires, et marquées par une occupation du pays par les armées soviétiques, les principaux représentants de la Nouvelle vague sont d’abord interdits de travail, puis fortement limités dans les sujets et la forme de leurs films. Nombre d’entre eux comme Forman, Passer, Jasný, Němec... préfèrent s’exiler.

 

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

 

Dans le cadre du Festival international du film d'histoire.

www.cinema-histoire-pessac.com

 

Dada Bar

Cinéma Jean Eustache

Place de la 5e république

33600 Pessac Centre

Lieu:
Festival international du film d'histoire
Date :

14 nov. 2016 14:00

Organisateur:

Le Centre tchèque est coorganisateur de l'événement


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