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Programme

12 nov. 2014 - 20 déc. 2014

Maîtres de la photographie tchèque d’avant-garde

František Drtikol, Jaroslav Rössler, Jaromír Funke, Eugen Wiškovský. Exposition dans le cadre du programme "A Paris pendant Paris Photo".

 

 

Commissaire de l'exposition : Vladimír Birgus.

Un catalogue quadrilingue de 60 pages est publié pour l'occasion.

 

La France, l’Allemagne et la Russie sont considérées, à juste titre, comme les principaux centres de l’avant-garde photographique de l’entre-deux guerres. Toutefois, à la même période, la Tchécoslovaquie voit elle aussi naître de nombreux travaux importants et originaux qui n’étaient pas qu’une réfection imitative de modèles étrangers, mais qui constituent une importante contribution au développement de l’art de la photographie. Dont certains qui ne furent appréciés pleinement qu’au cours de la décennie précédente.

František Drtikol (1883-1961) est le premier photographe tchèque à avoir atteint une renommée mondiale. Après la 1ère guerre mondiale, inspiré par l’Art Nouveau et le symbolisme, il se mit à créer en s’appuyant sur le futurisme, l’expressionnisme et le cubisme. Avec le temps, son style mature se développa. À partir de 1923, il présenta des photographies de nus féminins et masculins associés à des décorations géométriques, à leurs propres ombres ou à des cercles ou des cônes de lumière transcendante, le tout arrangé dans diverses postions expressives. Les premiers travaux de ce type se ressentent d’une influence de la danse et du théâtre moderne. L’importance du mouvement dans ses photographies était soulignée par des poses dynamiques et renforcée par l’introduction de plans diagonaux sur lequel les modèles étaient debout ou couchés. Parallèlement, il prenait des photos de détails des corps des modèles, mettant l’accent sur les formes individuelles. Ces premières œuvres représentaient des fées lyriques et des « femmes fatales » à la manière de personnages littéraires symboliques ; dans la période 1923-1929, il magnifia l’idéal classique de l’union harmonieuse du spirituel et de la beauté physique à travers des photographies de danseurs. Nombre des photographies de nus de Drtikol étaient assez audacieuses en son temps ; il y a montré l’ensemble du corps nu et sa beauté naturelle. Mais même alors, ses œuvres sont remplis de significations symboliques – et l’intérêt croissant de l’auteur pour le bouddhisme et d’autres systèmes philosophiques et religieux de l’Orient y est de plus apparent.

Bien que Drtikol n’ait été membre d’aucun des groupes d’avant-garde, son élève et assistant Jaroslav Rössler (1902-1990) fut le seul photographe professionnel à faire partie du premier groupe d’avant-garde tchèque appelé Devětsil. Il fut le premier artiste en Tchécoslovaquie à créer ses œuvres sous la forte influence de l’abstraction et du constructivisme. Dès 1923, il prend des photos de projecteurs mobiles utilisant une longue exposition et des lentilles floues spéciales Tessar. Ces photos représentent des cercles flous, des objets biconvexes, des cônes courbes qui donnent aux spectateurs une impression de visions fiévreuses et de matière lumineuse ancienne. Il fut le premier photographe à se concentrer sur la lumière, qui joue un rôle-clé dans la photographie de manière générale. Ses œuvres rappellent les œuvres de Christian Schad, Man Ray ou Laszlo Moholy-Nagy, avec cette différence qu’elles sont des photos prise avec un appareil photo traditionnel. Dans la période 1923-1925, il photographie des compositions d’objets courants tels que cendriers, bougies, verres de vin arrondis, sur fond de formes géométriques découpées dans du carton noir et blanc. Dès son « Opus I » (1919), il utilise des compositions diagonales et des points de vue audacieux dans un cycle de photographies et de photomontages représentant des mélanges des constructions métalliques de la Tour praguoise de Petřín et de la Tour Eiffel, qu’il percevait comme des symboles de modernité au même titre que le train, la voiture ou la radio. Il a souvent représenté des constructions en acier comme des objets oniriques en les fixant sous forme de configuration de plans en noir et blanc d’une dimension presque abstraite.

Jaromír Funke (1896-1945) fut un autre pionnier de la photographie d’avant-garde tchèque qui, dès la première moitié de 1920 abandonne vues pittoresques de paysages et scènes de genre en faveur de compositions quasi abstraites où des objets concrets deviennent difficiles à discerner. Dans ses natures mortes faites de blocs de verre, de bouteilles ou de négatifs qu’il créée à partir 1923, ce sont les ombres des objets en arrière-plan qui commencent à jouer le rôle principal. L’objet en tant que tel n’a plus d’importance ; ce sont son ombre et ses réflexions qui occupent le premier plan. Les thèmes de la lumière, de la transparence et des réflexions de lumière atteignirent leur apogée dans ses « Photos abstraites » créées en 1927-1929. Parallèlement, il crée les premières photographies dans l’esprit du constructivisme et de la réalité nouvelle. Utilisant des compositions non conventionnelles, des cadrages audacieux et des arrangements en diagonale, il simplifie l’enregistrement de motifs simples à leur forme de base. Funke a mis l’accent sur le style de la réalité nouvelle et du constructivisme dans son activité d’enseignant également. Et Funke fut le premier photographe tchèque à créer des œuvres surréalistes.

Quant à Eugene Wiškovský (1888-1964), il est l’auteur d’œuvres hautement originales et radicales. Il créa des représentations artistiques de barres métalliques, de turbines et de tuyaux de béton, d’isolants électriques, de disques vinyle et d’autres objets communs, disposés en des compositions mûrement réfléchies. A travers sa vision inventive de détails d’objets, de détails agrandis, présentés hors contexte, à travers une conversion de la réalité colorée en photos en noir et blanc, ou à travers la répétition rythmique de certains motifs, il parvint non seulement à modifier la perception traditionnelle des objets, mais aussi à leur découvrir de surprenantes significations symboliques. En dépit de sa rationalité et de sa perfection formelle, plutôt que de rendre fidèlement et puissamment la nature artistique des objets, Wiškovský s’intéressait de façon accrue à l’expression de ses propres sentiments. Montrer tel objet de manière à ce qu’il suggère une chose entièrement différente devint le trait dominant de l’art de Wiškovský. Dans la seconde moitié des années 1930, l’intérêt de Wiškovský se déplaça vers la périphérie de Prague où son intérêt principal s’axé vers d’impressionnantes  formes géométriques, des textures inhabituelles des surfaces et vers des scènes métaphoriques. La production artistique d’Eugen Wiškovský s’est vue complétée par des travaux théoriques inhabituels et progressifs ; il se distingue non pas par une œuvre importante en quantité, mais par son vaste éventail de sujets, son originalité, ses détails raffinés et sa pensée profonde.
Vladimír Birgus

 

Programme d'accompagnement :

Samedi 15 novembre 2014 à 17h - conférence de Vladimír Birgus et présentation du livre History of European Photography 1939-1969, en présence de la famille de Jaroslav Rössler.

 

Exposition du 12 novembre au 20 décembre 2014, ouverte du mardi au samedi de 13h à 18h, le mercredi de 17h à 20h.

Entrée libre.

 

 

 

 

www.parisphoto.fr

 

Organisé en coopération avec l'Institut de photographie créative de l'Université de Silésie à Opava.

 

 

 

 

 

www.itf.cz

Partenaire médiatique : Slash-Paris.com.

 

Lieu:

18 rue Bonaparte
75006 Paris
France

Date :

A partir du : 12 nov. 2014
Jusqu'au : 20 déc. 2014

Organisateur:

Centre tchèque


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