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Programme

8 oct. 2012 19:00

Alén Diviš - Adieu, soleil

Film documentaire de Martin Řezníček, 2002, 1h, VOST

 

 

 

Entrée libre
Salle Janáček

 

Plus qu’un simple portrait, ce film de Martin Řezníček est une interprétation cinématographique subjective et abstraite de la personnalité du peintre tchèque Alén Diviš (1900-1956). L’expérience existentielle de l’artiste y est rendue à travers différents moments clés de sa vie.

La réalisateur s’est rendu sur les lieux où Diviš vécut : Prague, Paris, le Maroc, les Etats-Unis, afin de rendre, ne serait-ce qu’à travers une seule prise de vue, une seule vibration du regard, l’essence des paysages et des murs qui purent lui servir d’inspiration. L’évolution du film à travers une tension entre le regard actuel de Řezníček, son invention documentariste et l’œuvre originale de Diviš, ses tableaux et fragments de textes, nous apparaît comme la seule forme possible pour évoquer les moments-clés du sort du peintre.

Le réalisateur a également recours à des entretiens avec certains des proches de Diviš, et à des animations par lesquelles il donne vie à ses tableaux. Après quoi, le reste, toute l’intensité du film, est avant tout une chose personnelle, une affaire d’unisson et d’émotion. Ce faisant, le film travaille avec l’acuité et la force des contradictions, et est à des lieux d’une quelconque évocation admirative de poètes morts. Des prises de vue en noir et blanc démarrent le film, glissant sur des recoins de l’appartement du peintre, pour en revenir toujours à la même fenêtre, ouverture dans le mur où se termine la pièce destinée à accueillir l’homme et où commence le ciel, à un lieu d’où l’on peut embrasser du regard l’ensemble des toits de la ville, en bas – Prague, Paris.

La France fut comme une femme, une seconde patrie pour Diviš. Il y vécut plus longtemps qu’en Bohême et désira toujours y retourner. Mais ce fut la France d’avant-guerre qui le jeta en prison, pour des raisons politiques. Ne restèrent que des souvenirs de corps de femmes et un mur de la prison de la Santé, dans lequel il put graver des dessins. Des girons de femmes qui se changent naturellement en têtes de morts. Voilà aussi une expérience carcérale, tout comme la présence de rats.

L’ancien atelier du peintre est devenu le lieu de l’illumination cinématographique de la mémoire des contemporains de Diviš. Cela dit, Řezníček ne fait vibrer la corde des souvenirs qu’avec légèreté, comme s’il hésitait à aller plus avant. Il laisse couler de l’eau dans le lavabo et continue d’allier des dessins aux mots, des prises de vue de caméra aux dessins, le visage du peintre à des visages de jeunes filles. Le son fragile d’un saxophone se détache des bruits divers de paysages d’autrefois, et le passé s’enroule dans un tourbillon d’unité. Les vues en coupe de villes, les maisons que le regard traverse, pleines de silhouettes esseulées, les tableaux aux toiles d’araignées de l’effroi carcéral alternent, sur les tableaux, avec  l’horizon du désert – ce lieu où le sable se change en mer.

Diviš se retrouva dans le camp de concentration blanc et bleu de Sidi el Ayachi – l’expérience d’un autre continent suscite de nouveaux tableaux. S’ensuivit le périple vers l’Amérique et les années passées à New York, qui furent sans doute les plus heureuses de la vie du peintre. Le réalisateur prend sur lui le point de vue du soleil et observe Manhattan vu de haut. Après la guerre, Diviš ne quitta plus la Tchécoslovaquie – le rideau de fer devint son dernier mur et il ne lui resta d’autre choix que de travailler, jusqu’à sa mort, à une œuvre dont plus personne, dans les années 50, ne voulait. Il peint alors des pendus, et des ossements.

Dans le contexte du cinéma documentaire tchèque d’aujourd’hui, Martin Řezníček fait montre d’une ambition de développer les formes cinématographiques expérimentales, suscitée par le besoin de renforcer un contenu spirituel. Seuls la proximité intérieure et les contours subjectifs avec lesquels il approche son thème lui permettent de faire siennes les forces extérieures et de les transformer en énergie interne – grâce à elle, le réalisateur peut laisser le matériel travailler parler en une langue qui lui est propre, et exprimer ainsi sa vérité inhérente. Transcender des touches de fusain noir grâce à la caméra.

 

Projection dans le cadre de l’exposition Alén Diviš – Dessins du 20 septembre au 26 octobre 2012.

A noter également la conférence de l'historienne de l'art Anna Pravdová "Alén Diviš, Prague, Paris, New York" sur le vie et l’oeuvre d’Alén Diviš le mardi 16 octobre 2012 à 19h30.

 

Lieu:

18 rue Bonaparte
75006 Paris
France

Date :

8 oct. 2012 19:00

Organisateur:

Centre tchèque


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