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Papelote, mon chouchou !

16. 11. 2015 - À deux pas de Montmartre, dans la rue Ramey, vous pouvez trouver l’atelier Nota – une initiative des deux sœurs pleins de talent, Judith et Sarah. Au début, il y avait la passion partagée pour la papeterie : celle-ci s’est matérialisée ensuite en une boutique remplie d’articles de design. Et parmi eux, ceux d’une marque tchèque : Papelote. Il n’est pas un seul Tchèque qui ne connaîtrait ces carnets aux couleurs gaies enroulés d’un élastique ! Papelote a trouvé sa place à Paris depuis janvier 2014. J’ai passé un après-midi très agréable avec Sarah – l’âme enthousiaste de l’atelier Nota. Pourquoi a-t-elle choisi Papelote pour sa boutique parisienne et quelle est son lien avec la République tchèque ? Lisez attentivement, et vive le papier !

Pouriez-vous nous présenter votre atelier, Sarah ? Sur votre site internet, vous parlez de concept store… 

À la base, nous avons créé la boutique comme une vraie papeterie, nous voulions donc travailler uniquement autour du papier. Nous avions toujours la volonté de faire travailler de petits artisans, de retourner à des choses plus concrètes. En ouvrant notre boutique, c’est cette approche que nous nous avions envie de privilégier.

C’est toujours un plaisir de faire connaitre aux gens de petits créateurs pas forcément très connus et de promouvoir leur savoir-faire et leur démarche, tout en étant écoresponsable. Nous visons dans un monde où tous cherchent à acheter moins cher, où tout est fabriqué en Chine... Tandis que de notre côté, nous avons eu envie de prendre notre temps, de montrer aux gens que de belles choses sont faites dans leur pays sans être très chères pour autant.

 

Comment avez-vous commencé ? Avez-vous suivi des études proches du domaine de la papeterie ou du commerce ? 

Moi, je suis illustratrice et ma sœur est dans la communication. Nous ne connaissions donc rien au commerce. Nous savions juste que nous avions très envie de nous lancer là-dedans. Nous avons trouvé un endroit disponible, nous sommes parties de zéro et nous avons eu énormément de chance, car cela a réussi.

 

Votre enthousiasme au travail saute aux yeux. Qui sont vos clients ? 

Pour le moment, la boutique est conçue pour les habitants du quartier. Nous nous sommes développées de manière plus large à l’origine et, de plus en plus, des clients viennent d’ailleurs aussi pour des demandes plus particulières. Mais dans le centre de Paris, il y a beaucoup de boutiques qui vendent un assortiment semblable au nôtre. Du coup, nos clients les plus fidèles sont principalement nos voisins. Et je dois dire que leur fidélité nous fait très plaisir.

 

Vous êtes situés juste à côté de Montmartre, la boutique devrait attirer les touristes aussi... 

Oui, c’est vrai, ils commencent à passer plus par ici.

 

Vous collaborez avec plusieurs créateurs. Quels sont vos critères de choix ? 

C’est avant tout l’originalité, le fait que leurs produits soient fabriqués dans leur pays d’origine, qu’ils ne soient pas trop connus (même si on a bien sûr aussi quelques marques bien établies)... Et puis il faut qu’on s’entende bien avec nos partenaires.

 

Il y a plusieurs créateurs étrangers, si je comprends bien... 

Oui, à côté des Français, il y a des Tchèques, des Allemands, des Turcs, des Hollandais, des Indiens, des Japonais et des Danois.

 

Comment avez-vous découvert la marque tchèque Papelote ? 

J’ai un ami français qui vit à Prague depuis 10 ans. L’été où j’avais ouvert la papeterie, on a passé les vacances ensemble et il m’a dit : « Tu devrais jeter un coup d’œil à Papelote. » J’avais alors déjà beaucoup de marques, et cela ne s’est pas fait tout de suite. Et puis, alors qu’il me fallait un produit spécifique, je suis revenue à Papelote et j’ai trouvé leurs extrêmement belles. Je les ai contactés et ils ont accepté. Cela fait plus d’un an et demi que nous travaillons ensemble.

 

Comment se vendent les produits de Papelote ? 

Très bien. Nous adorons ce qu’ils font, donc nous les vendons avec grand plaisir. Ils proposent un design très efficace : leurs cahiers sont très jolis, ont de belles couleurs, et les gens adorent les straps qui sont autour... Ils trouvent que c’est une bonne idée. C’est simple et joli à la fois.

 

Quelle gamme de produits de chez Papelote proposez-vous ? 

Nous avons les carnets, des crayons, des albums photos, ainsi que des enveloppes. Je suis sur le point de recevoir leurs boîtes en papier, qui sont magnifiques. Et nous vendons aussi leurs agendas pour 2016.

 

Quel est votre article préférée ici, à vous qui êtes l’âme de la boutique ?

Mon stylo-plume. Ce n’est peut-être pas à proprement parler mon article préféré, mais c’est celui que j’utilise tous les jours. En ce moment, c’est aussi l’agenda Papelote : je l’utilise tout le temps, tout le temps. Il est en tchèque, je ne comprends donc pas tout, mais je sais maintenant par exemple que nous venons de commencer le mois de listopad [novembre] et qu’aujourd’hui, on est – impossible de le prononcer correctement – středa [mercredi].

 

Vous intéressez-vous plus à la culture tchèque depuis que vous connaissez Papelote ? 

Oui, tout à fait, et ce depuis mon premier voyage en République tchèque. C’est une culture incroyable ! Avec mon ami Paoli qui vit là-bas, forcément, je découvre petit à petit de plus en plus d’aspects de la Tchéquie. Il m’a fait découvrir l’illustrateur Miroslav Šašek, auteur d’un travail remarquable. Il m’a fait découvrir la musique tchèque classique aussi : Martinů, Janáček, que j’aime beaucoup. Et je sais dire quelques mots tchèques très simples : děkuji, dobrý den, malé pivo [bonjour, merci, une petite bière], les choses les plus importantes quoi… Cet été, j’ai visité Ještěd, Liberec et la campagne. Ce que j’apprécie beaucoup, ce sont les parcs qui sont partout, et très verts, très naturels dans leur agencement. C’est très agréable.

 

Connaissez-vous d’autres designers tchèques contemporains ? 

Très peu pour l’instant, j’aimerais beaucoup les connaître mieux. Quand je suis allée à Prague, je n’ai pas eu l’occasion de cibler des visites d’ateliers ou de boutiques, même si j’avais remarqué notamment un designer avant déjà. Je suis sûre qu’il y a, à l’instar de Papelote, une vraie mouvance des jeunes créateurs tchèques.

 

Quest-ce qui vous préoccupe le plus actuellement ? Quels sont vos nouveaux projets ?

Pour commencer, nous venons de déménager. Nous avons agrandi le magasin, qui fait quasiment deux fois la surface initiale. Pour ce qui est de nouveaux projets : nous souhaitons organiser des ateliers pour les enfants, puis des expositions, avec pour thèmes porteurs des messages universels tels que l’amour, la vie, la joie, dans un graphisme très joli, et fortement parlant à la fois. Nous souhaitons qu’il y ait là un vrai message, que ce ne soit pas seulement décoratif. La prochaine graphiste que nous allons présenter ainsi s’appelle Sandrine Estrade Boulet. ■

Anna Maderová, stagiaire du Centre tchèque de Paris