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Nouvelles

L'exposition Alén Diviš du Centre tchèque reprise à Prague

Gallerie Millenium

 

 

 

L'exposition Alén  Diviš - Dessins que le Centre tchèque de Paris a proposée en septembre-octobre 2012 (commissaires : Jean-Gaspard Páleníček et Jiří Hůla) va être reprise à la galerie praguoise Millenium.

 

Vernissage le mardi 9 avril 2013 à partir de 18h.

 

Alén Diviš

Alén Diviš naît en 1900 dans la famille du gérant d’une grande ferme à Blato, dans la région de Poděbrady, sous le nom de Karel Diviš (il change officiellement de prénom en 1948, mais emploie le prénom Alén dès la fin des années 1920). Il vit à Prague à partir de ses onze ans, où il fréquente plusieurs écoles d’art. Parmi ses camarades de classe, nous comptons des artistes tchèques importants tels que Karel Svolínský ou Marie Čermínová dite Toyen. Au milieu des années 1920, il se rend à Paris où il mène une existence précaire.Il s'y rapproche des artistes de la galerie Simon : le marchand d’art Daniel Henry Kahnweiler le considère comme le meilleur artiste tchèque de France et appuie sa demande de bourse adressée au collectionneur Vincenc Kramář. Diviš voyage en Espagne, en Afrique du Nord et aux Pays Bas. A Paris, il fréquente les peintres František Tichý, Jan Zrzavý, Toyen, le poète Richard Weiner ou encore le compositeur Bohuslav Martinů, grand admirateur de son œuvre.

Un des moments décisifs pour sa création advient en septembre 1939. Il est alors injustement accusé d’espionnage avec la plupart des résidents de la Maison tchécoslovaque de la culture, créée rue Notre-Dame des champs par l’artiste Adolf Hoffmeister avec le soutien de Louis Aragon pour les artistes tchèques qui fuyaient la Tchécoslovaquie occupée par les nazis. Il est ensuite emprisonné pendant six mois à la prison de la Santé : après la déclaration de guerre contre l’Allemagne, toute personne de gauche ou considérée comme telle est perçue comme ennemie, car l’Union soviétique est alors du côté d’Hitler. Diviš découvre dans les inscriptions primitives et les dessins gravés dans les murs de sa cellule un prolongement de son esthétique. Ils éveillent son imagination et forment des compositions et des visions fortes qu’il mettra en œuvre lors de son exil aux USA.

Après la prison, il connaît les camps de rétention en France, au Maroc et à la Martinique (sans le savoir, il embarque pour la Martinique à Casablanca sur le même bateau qu’André Breton et André Masson). En 1941, Diviš trouve enfin refuge à New York. Il y réalise un vaste cycle de tableaux inspirés par son séjour en prison. Dans ces œuvres, il anticipe la naissance de l’art brut et de l’art informel. Il peint des rêves, des maisons, réalise un cycle de tableaux aux motifs de statues barbares et un autre inspiré par le milieu du cirque. Il est remarqué par les galeristes newyorkais et le directeur du MoMa. Cependant, l’exposition prévue à New York n’a finalement pas lieu.

De retour en Tchécoslovaquie en 1947, Diviš expose une partie de ses tableaux newyorkais à l’importante galerie praguoise Vilímek.

Après la prise de pouvoir par les communistes en février 1948, Alén Diviš est rapidement marginalisé, jugé trop sombre en ces temps de réalisme totalitaire, pronant l’esthétique du réalisme socialiste. Oublié, il finira sa vie dans la misère.

Dans les années 50, il crée des illustrations de poèmes d’un des classiques de la poésie romantique tchèque, Karel Jaromír Erben, des illustration de nouvelles d’Edgar Allan Poe, des œuvres inspirés de la Bible et des dessins aux motifs fortement existentiels, rejetés par la critique officielle. Il meurt dans l’oubli le 15 novembre 1956.

La redécouverte de l’œuvre de Diviš est amorcée dans les années 70, grâce aux travaux de l’historien de l’art Jaromír Zemina, et se fait véritablement dans les années 90, après la Révolution de velours. Dès le début des années 90, l’importante revue d’art Revolver Revue lui consacre plusieurs dossiers, son œuvre réapparaît petit à petit à des expositions collectives ou individuelles de plus en plus nombreuses. Enfin, une grande exposition rétrospective lui est dédiée à la Galerie Rudoflinum en 2005 qui achève d’établir définitivement sa place dans l’histoire tchèque.

Dans une perspective mondiale, le travail d’Alén Diviš représente une contribution originale à la thématique du primitivisme dans les arts plastiques d’avant-garde.

Rétabli aujourd’hui comme un artiste majeur du 20e siècle, Alén Diviš est représenté dans la plupart des grandes galeries  tchèques. Plusieurs publications lui ont été consacrées, et notamment une importante monographie (éditions Ars Fontes), à l’occasion de l’exposition retrospective évoquée.

 

En prolongement de l'exposition, la Galerie Millenium proposera à la vente le catalogue publié par le Centre tchèque pour son exposition parisienne.

 

 

 

 

 

 

 

Exposition ouverte du 10 avril au 12 mai 2013 du mardi au dimanche de 12h à 18h.

 

Galerie Millennium

Tržiště 5/370

Prague 1, 118 00

www.gallerymillennium.cz