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Nouvelles

La poète Vladimíra Čerepková nous a quittés

* 4. 2. 1946, Prague - † 11. 8. 2013, Saint Valéry en Caux, Normandie

 

 

 

Vladimíra Čerepková (parfois désignée du nom de Vladimíra Čerepkovová ) a passé une bonne partie de son enfance dans les orphelinats communistes. Son père fut probablement l’officier de l’Armée rouge Sergej Čerepkov, envoyé fin 1945 à Berlin où l’on perdit sa trace. Elle étudia la poterie au Lycée technique de Karlovy Vary, après quoi elle vécut à nouveau brièvement dans un orphelinat, d’où elle fut envoyée en instituions psychiatriques (Prague-Bohnice, Karlovy Vary, jusqu’en 1962). Puis, elle alterne divers petits emplois (serveuse, trieuse de papier, etc.) En 1969, elle s’exile en France avec son mari d’alors, le journaliste bolivien Juan Fernandez. Là aussi, elle vit de petits emplois divers (elle se plaisait elle-même à dire, de façon quelque peu romancée, qu’elle avait soigné le poète Jan Čep malade et qu’elle faisait du rangement chez Jiří Kolář). Elle se consacrait principalement à sa propre création, gagnant occasionnellement quelque argent en faisant de la teinture batik de vêtements. Elle vécut tour à tour à Paris et à la campagne.

Vladimíra Čerepková faisait partie, avec Václav Hrabě et Inka Machulková, des principaux représentants du mouvement de la poésie beatnik tchèque, qui organisaient des lectures dans le café littéraire praguois Viola (sa poésie y fut récitée lors de soirées de texte-appeal dès 1963). Ses poèmes, écrits à partir du début des années 1960, naquit en partie en réaction à la poésie beatnik américaine (Lawrence Ferlinghetti, Gregory Corso, Allen Ginsberg) et exprimait les sentiments de déracinement et de néant de l’auteur, renforcé par son expérience des orphelinats et par sa vie en marge de la société. Une partie de ces poèmes fut incluse dans son premier recueil, Le Poisson parle au poisson (1969), dans lequel dominent des sombres tonalités de ruine et une inspiration blues, avec des textes écrits sous forme de notation associative de dialogues, de pensées, de rêves, dans un langage parlé vaguement stylisé, et puisant dans des événements de la vie quotidienne.

Sa vie d’exilée a marqué sa poésie également : ses vers deviennent plus prosaïques et prennent la forme de chaînes associatives aux thèmes multiples, dont le thème principal est souvent constitué de souvenirs du pays. Son impulsive sensibilité beatnik s’y transforme peu à peu à une mélancolie nostalgique. Sa poésie devient plus resserrée, avec une conscience de plus en plus accrue de la finalité de toute vie (notamment dans ses derniers recueils, Silencee xtra dry et Derviche d’hiver) et une expression plus philosophique et plus sophistiquée.

Elle publia ses premiers poèmes à seize ans dans l’hebdomadaire Mladý svět, après quoi elle publia dans les périodiques Květy, Plamen, Literární noviny, Tvář, Divoké víno, Mladá tvorba, Kulturní tvorba etc. Après son départ de Tchécoslovaquie, elle publia dans Svědectví, la Revue K (Paris), Proměny (New York), Paternoster (Vienne) etc. Après 1989, ses poèmes apparurent dans Tvar, Babylon, Fragment etc. Des traductions de ses poèmes sont également parus dans des revues étrangères, en Pologne, en Allemagne, en France… Outre son œuvre poétique, elle est l’auteur du scénario du film Mirek n’est pas parti de la réalisatrice Božena Horáčková (1996) et d’œuvres plastiques.